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Team Reynolds - Andreas & Will

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Dim 22 Jan - 7:48
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Pirate
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Les affaires à Cuba étaient difficiles pour les pirates, et il valait mieux ne pas avoir l'air trop louche, pour ne pas avoir d'ennuis, dans l'optique de faire des affaires sur le port de Baracoa.
De tous l'équipage du Neptune, William était surement l'homme qui présentait le mieux, et n'avait pas l'air de vouloir trancher la gorge de tous ses interlocuteurs... Et c'était surement la raison pour laquelle Andréas l'avait choisi, malgré son enrôlement récent, pour l'accompagner à terre. Le jeune homme ne pouvait pas être plus heureux de cette opportunité de passer du temps avec celui qui, sans le savoir encore, partageait bien plus avec lui que l'espace d'un navire au pavillon noir.

    - Il parait que Colomb a planté un crucifix d'or dans le sables du port, la première fois qu'il a débarqué à Baracoa... Commença William, pour essayer de faire la conversation tandis que le Vane avançait à pas rapides entre les passants. Enfin on y trouve surtout le meilleur alcool de coco, et ça c'est une valeur sûre ! Se rattrapa le jeune homme.


Faire étalage de ses connaissances n'était peut-être pas une idée lumineuse... Après tout, il était sensé être un pirate comme un autre, mal instruit, rustre, porté sur l'alcool et les femmes.
D'un autre côté, être enfin réuni avec son ainé l'excitait et le stressait à la fois... Il voulait faire bonne impression, lui montrer qu'il était intéressant, qu'ils pourraient tisser un lien, sous prétexte d'être juste rassemblés par leurs occupations illégales.
En même temps, établir une discussion était difficile si le capitaine n'y mettait pas du sien... Et il semblait plutôt taciturne, de manière générale. Rien à voir avec le petit garçon qui l'avait abandonné, même s'il avait surement déjà, à cette époque, quelques tendances à l'autonomie morose... Peut-être par obligation. Après tant d'années, il était difficile de se trouver des points communs et des sujets de conversation, surtout quand le contexte impliquait discrétion et absence de questions.

    - Il s'passe un truc là-bas... En effet, dans un coin du port plus large que les autres, comme une petit place publique de pierre, des cris et des sons de bagarre attiraient une foule de voyeurs curieux, avides d'animation.


William n'appréciait pas spécialement les ragots, mais c'était une manière comme une autre de se distraire. Il attendait de savoir si son compagnon voudrait se rapprocher ou non quand un mot parmi les autres le fit presque sursauter.

    - PIRATES ! Avait hurlé une voix féminine.




Say you'll remember me... And let it be you and me against the world again, Brother.

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Mar 24 Jan - 22:31
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Capitaine
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Team Reynolds
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Cuba. Jamais facile pour nous autres pirates de trainer nos guêtres par ici. Les espagnols, il faut croire, n’étaient pas bien friands de notre espèce. Comme s’ils valaient mieux. Toujours est-il que le port restait abordable et que l’on pouvait y faire quelques affaires. C’est pourquoi nous sommes là. Je demande à Butler de venir avec moi. J’ai besoin de tester le petit et il passera bien ici. Il n’a pas une sale gueule, pas de cicatrice outrancière, un sourire charmeur et un air souvent trop heureux. D’ailleurs il l’est de venir avec moi-même si je ne souris pas. Pas mon genre d’avoir l’air ravi, et là je suis aux aguets. J’avance rapidement pour ne pas perdre un instant et sans vraiment écouter ce qu’il me raconte. Il va comprendre que ce n’est pas une balade de santé.
Je ralentis à l’approche d’une bagarre, il a remarqué aussi. Pas là pour ça non plus. Et voilà qu’une furieuse hurle Pirates ! Quelques têtes se tournent pour chercher où. Nous ne sommes pas directement repérés et heureusement la majorité est plus occupée par l’animation. Si je le pouvais, je lui trancherais la gorge pour qu’elle la ferme. Je fonds tout de même sur elle, captant son regard et la mettant face au bleu acier du mien. Elle va pour l’ouvrir encore mais je suis maintenant planté devant elle.

« ¿Cuál es tu problema, mujer? »

Les mots se meurent au bord de ses lèvres. Je murmure :

« Puedo matarte antes de que grites. ¿ Y después? »

Je fais un mouvement brusque vers elle et elle part en courant. Quelques hommes ont vu et me toisent du regard sans se décider à s’en mêler. Après tout, je n’ai rien fait. Je n’ai même pas sorti d’armes. Je me tourne alors vers Butler.

« Allons voir ça de plus près. »

J’ai changé d’avis pour la bagarre. Je vois que c’est du combat avec pari. Et j’ai bien envie de savoir ce que vaut mon bleu. La foule acclame le gagnant qui est à peine amoché. Un homme pas très grand mais fort comme un âne. Une frappe dure comme du roc sans doute mais lent. On cherche un nouveau  combattant. Je chope le poignet de Butler et lui lève le bras.

« Aqui ! Combien les paris ? »

Je parle un peu espagnol mais j’aime autant qu’on me parle dans ma langue. Surtout quand il s’agit d’argent. Visages surpris, certains réticents mais ce qu’on sait des pirates c’est qu’ils aiment l’argent et qu’en général ils en ont alors ça va passer. Et Butler ? Quelle tête il fait ?

« Montre moi ce que tu as dans le bide. Mais fais durer le suspense sinon ils ne vont pas aimer. »



Offre-moi cet horizon. Yo ho sur l'heure Hissons nos couleurs. Hissez ho, l'âme des pirates Jamais ne mourra.© florissone
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Mer 25 Jan - 4:44
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Ce qui était certain, c'était que William n'avait pas imaginé sa sortie ainsi... Lui qui espérait pouvoir créer quelques liens avec son frère, retrouver leur complicité d'enfance... C'était très mal parti. Visiblement, au lieu de le protéger, Andréas avait décidé de le jeter en pâture aux regards des cubains avides de violence.
La main levée de force pour se porte volontaire, le Butler tourna la tête vers son capitaine, avec un regard interrogateur. Quel était le but de cette manœuvre ? L'argent parié sur le combat ne valait vraiment pas la peine de se faire amocher - William, ayant lui aussi baigné depuis sa jeunesse dans la langue espagnole, avait parfaitement compris ce qu'il avait été conclu pour sa propre démonstration de force.

    - Si t'm'avais prév'nu, j'aurais pris mes économies pour miser un peu plus, au lieu de les laisser sur l'Neptune, plaisanta le faux pirate, en retira la couche de vêtements qu'il avait en trop pour pouvoir bouger plus aisément. J'garde le haut, y'a trop peu d'femmes pour qu'ça vaille le coup d'l'enlever.


Bien sûr, même s'il s'amusait de la situation comme il le faisait toujours, William dissimulait ainsi un peu d'appréhension. Il savait parfaitement que sa condition physique lui laissait une chance de remporter le match, mais il était aussi suffisamment intelligent pour toujours évaluer les risques des aventures dans lesquelles il se lançait... Et il aurait préféré avoir le choix de celle-ci, étant déjà en difficulté avec celle qui avait consisté à retrouver ce membre perdu de sa famille.

    - Il est encore temps d'abandonner, mon gars, lança-t-il à son adversaire, avec un sourire très confiant, en prenant ses appuis, s'échauffant rapidement, mine de rien, comme peu d'hommes des rues l'auraient fait avant une bonne castagne. No quiero harcerte sufrir, pero...


Ces derniers mots étaient vrais, même s'il les avaient prononcé sur le ton de la moquerie. William avait beau entrainer son corps, et apprécier les challenges, il n'était pas un compétiteur dans l'âme, et n'aimait surpasser que lui-même, sans jamais chercher à écraser les autres.
Sur ça, les Reynolds étaient peut-être très différents... Et c'était la raison qui avait poussé également le brun à fuir les ambitions de son père, et à ne pas vouloir poursuivre comme lui une carrière dans la politique, malgré de claires compétences dans la communication et le charisme.

Bref, il allait devoir rendre son présent patron fier, et montrer qu'il était digne de son intérêt... Pour cela malheureusement, quelqu'un allait encore payer de son sang. Intérieurement, William soupira. Il avait longtemps espéré des retrouvailles plus calmes, qui auraient juste inclues peut-être une bonne bouteille, et quelques mots familiers.
Un coup venait de partir, et le Butler, tout à ses pensées, avait failli ne pas l'esquiver. Le poing de son agresseur avait frôlé sa joue... Visiblement, il aurait été mieux fait pour le métier sournois qu'il exerçait que lui. Ramené brusquement ainsi à la réalité, le jeune homme balança à son tour ses phalanges contre le menton du fort gaillard, et il les sentir se meurtrir sous le choc. Dans tous les cas, à ce genre de jeu, la douleur était partagée.
Alors qu'il était concentré sur la prochaine parade, William ne vit pas les gardes qui arrivaient du bout d'une rue adjacente au port, et commençaient à être intrigués eux aussi par le rassemblement.



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Ven 27 Jan - 18:02
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Capitaine
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Je vois bien que mon bleu est surpris, peut-être même déçu de ne pas simplement profiter de cette excursion. Raison de plus pour le jeter en pâture. J’ai besoin de pousser mes hommes dans leurs retranchements, savoir à qui je peux faire confiance, et qui me trahira s’il en a l’occasion. Je ne me fais pas d’illusions : aucun capitaine ne fait l’unanimité, il y en aura toujours pour être mécontents, et aucun homme n’est infaillible. Butler est-il courageux ? Intrépide ? Prêt à tout ? Ou a-t-il juste une soif d’aventure que son ancienne vie ne lui permettait pas pleinement. Oui, car je ne pense pas qu’il sorte de la rue. Pas toute sa vie en tout cas…
Il prend ça avec humour. J’aime bien et lui fais un clin d’œil. C’est bien de plaisanter mais il vaut mieux qu’il assure. Il y a une différence entre se battre ainsi et pendant une attaque dans le feu de l’adrénaline. Je l’observe se préparer et se lancer de combat. Mes yeux vont de lui à la foule que je préfère surveiller un peu.
Ça commence mal pour Butler qui a l’air ailleurs, je peste. Heureusement il se reprend. Le combat reprend et promet d’être intéressant. Mais pas de chance, la foule a attiré ceux que je ne veux pas croiser : les gardes. Avec eux, ça peut se régler à coups de pièces d’or ou à coups de sabre. Je ne veux lâcher ni les unes ni les autres. Comment faire  pour qu’ils ne nous importunent pas ? Si William termine le combat, ils voudront l’argent qu’il va gagner. Si on abandonne soudainement, on sera lynchés. Quitte à ne pas voir mes pesetas, je cherche une autre option. Je me souviens qu’un stand avait attiré mon attention, je laisse donc William un moment. Je retourne au stand : c’est bien ce que je pensais. Je reste à distance et chope un gosse, je lui donne de l’argent pour acheter et s’en occuper. Je m’assure qu’il obéit et retourne vers les combattants en jouant des coudes. Quand soudain… Pfffffffffffffffiou ! Feux d’artifices ! Ça monte et ça détourne l’attention de la foule, surtout la garde. Puis le gamin allume les filets à pétards avec ses copains et ils les jettent du côté de la garde. Ça fait hurler les mégères, et la foule se met à courir dans tous les sens, bousculant la garde qui ne sait plus où donner de la tête. J’attrape Will et lui fais signe de me suivre, tant pis pour ses affaires.

« Par là ! »

On profite de ma diversion pour se carapater. Ce n’est qu’arrivés dans une ruelle plus loin que je le stoppe. Je reprends mon souffle et regarde son état. Pas trop amoché.

« Les femmes aiment les bleus, elles peuvent prendre soin de toi. »

Je regarde où nous sommes.

« Bon, allons voir mon contact. On devrait avoir la paix un petit temps. »

Je lui donne une tape dans le dos.

« Après je te payerais un bon rhum et une pute. Tu l’as mérité ! »

Nous reprenons la marche d’un pas tranquille.

« As-tu déjà fait des transactions ? Sais-tu marchander ? »

C'est alors qu'un type surgit de nulle part et se jette sur nous, poignard à la main... Deux autres suivent.




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Sam 28 Jan - 6:32
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Pirate
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Etre un bon combattant n'impliquait pas seulement l'éliminer son adversaire, surtout quand on était un pirate, dont la vie était mise à prix par simple fait de nature... L'esprit devait rester en éveil, prompt à réagir à la moindre menace extérieure. William n'était pas encore tout à fait conditionné à cela, le danger étant très peu présent dans son quotidien avant d'embrasser cette dangereuse carrière.
Dans une réelle lutte qui l'opposait à un unique agresseur, sa focalisation précise lui apportait néanmoins un avantage de taille, combinée à sa méthode impeccable, apprise par des maitres d'armes expérimentés. Il était donc en train de remporter le duel, même s'il tentait de jouer le suspense comme son capitaine le lui avait conseillé.
Le public n'était pourtant pas vraiment dupe, et les chuchotements commençaient à tourner en sa faveur. L'autre homme avait plus de poids, plus d'âge aussi visiblement, et sa technique laissait à désirer, car elle était principalement centrée sur la force, et non la qualité de ses mouvements.

    - Quoi ? Lâcha le Butler, en sortant brusquement de son état de concentration intense. Même les feux d'artifice avait mis quelques secondes avant de détourner son regard de la mâchoire du molosse qu'il avait espéré mettre à terre définitivement dans les prochaines minutes, sans l'intervention de Vane, qui lui saisissait l'épaule. Il s'passe quoi ?


A peine eut-il posé la question que son esprit, remis en éveil, calcula rapidement les éléments alentours, et forma de lui-même une réponse... Ok, c'était donc le moment de la fuite. Il approuva d'un simple hochement de tête, et suivit le pirate sans chercher à obtenir plus d'informations sur la destination de leur course. Encore une fois, même si la curiosité lui brulait les lèvres, il tenait à lui montrer qu'il savait se comporter de façon adéquate pour garder un secret. La confiance s'obtenait durement dans ce métier, et il le savait bien.

    - Oh, ça va, j'suis encore assez vaillant pour qu'ce soit moi qui m'occupe d'elles, déclara le brun, avec un sourire entendu. Au fond, William n'était pas du tout adepte des filles de joie... Non seulement parce qu'il avait grandi romantique, et appréciait les sentiments plus que le sexe pur, mais aussi parce que le jeune homme trouvait dégradant qu'une femme dusse se forcer à coucher avec des inconnus. Bref, si son père avait été dur, sa mère avait du nourrir en lui, inconsciemment, une sensibilité qui était encore rare dans le corps masculin. Néanmoins, même s'il se savait sur ce point bien différent des autres, le Butler s'efforçait de le cacher derrière des blagues sexiste et perverses, qu'il réussissait d'autant mieux qu'il n'en pensait pas un mot, et les exagérait volontairement. J'connais pas les cubaines par contre, et y parait qu'leur rhum est bien meilleur qu'leur lit...


Il préparait le terrain, histoire d'avoir une porte de sortie... Mais si vraiment il devait coucher avec la première venue pour garder sa couverture, alors il ne se déroberait pas, et ferait de son mieux pour que sa réputation n'en pâtisse pas, bien au contraire. Il préférait tout de même éviter d'avoir à accomplir ce genre de performance, qu'il avait réussi à subtilement éviter jusque là, sans que ses compagnons n'en soupçonnent rien - ils étaient souvent trop ivres, ou occupés à leurs propres affaires de cul, pour ne pas se rendre compte que William se dérobait discrètement.
Quelques travailleuses avaient pourtant du le remarquer, car elles le guettaient avidement, et beaucoup se pressaient autour de lui pour être choisie : après tout, de l'équipage, il valait mieux un jeune bien bâti, que le vieux Jack qui avait perdu une jambe en même temps qu'un œil, et à qui il ne restait plus guère de dents pour s'alimenter d'autre chose que d'alcool.

    - Pas vraiment... L'interrogation d'Andreas le prit de court. Bien sur, tout le monde faisait des échanges par ci par là... Mais devait-il avouer qu'il avait de fortes compétences dans le domaine, après avoir travaillé la politique pendant des années avec leur paternel ? Oui, politique et commerce, c'était quand même fortement lié, surtout à l'époque. Si tu veux, j'peux te négocier un bon...


Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, car trois gars venaient de sortir de nulle part, armes à la main, pour les attaquer... Décidément. Ceux-là n'étaient pas des gardes, clairement. William évita habilement le premier coup, et se tourna vers son supérieur. Quels étaient les ordres ? Tuer ? Fuir ? Attraper vivants ?

    - Pas sûr que ton contact veuille la paix... Grogna William, d'un air mi-amusé, mi-préoccupé par l'urgence de ne pas se faire découper. Tu lui aurais pas emprunté quelqu'chose sans faire exprès, la dernière fois que tu l'as vu ? Genre sa bourse, la bague de sa mère, le cœur d'sa femme ?




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Sam 4 Fév - 17:03
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Eloignés de la garde, nous marchons tranquillement en échangeant quelques banalités. J’hoche la tête pour le rhum. A choisir je préfère une bonne murge qu’une putain. C’est meilleur et ça dure plus longtemps, surtout avec la gueule de bois. Au lieu de délibérer là-dessus, je me renseigne sur ses aptitudes au marchandage. Parce que s’il veut un jour avoir un bon poste, il va falloir qu’il sorte du lot. Vu qu’il est charismatique, marchander pourrait le faire. J’ouvre la bouche mais pas le temps de parler de ça qu’on nous tombe dessus. Trois hommes prêts à en découdre. Je vais vraiment avoir l’occasion de voir ce que vaut le moussaillon.
William évite le premier coup et ça ne l’empêche pas de plaisanter encore. Je ris aussi en évitant un coup et sors mon poignard. Il est bien aiguisé, tranchant comme du corail.

« Vu leur sale gueule, je touche pas à leur germaines ! »

Je m’abaisse pour esquiver un nouveau coup et fait courir ma lame avec rage sur l’abdomen de mon agresseur. Il n’hurle pas de suite, comme si la douleur avait mis du temps à faire remonter l’information jusqu’à son cerveau. Il hurle lorsqu’il voit le sang qui s’échappe de la plaie béante et les tripes qui veulent se débiner. La vue de l’hémoglobine m’excite. Je me transforme en animal sauvage, comme à chaque bataille. Le dernier se jette sur moi, il me blesse à la joue. Enfoiré ! Ma belle gueule ! Je me rue sur lui dans un cri guttural et le plaque au mur. Il retient ma main qui tient la lame et je fais de même. Nous sommes comme deux enragés à lutter. Il m’insulte en espagnol, saleté de pirate. C’est donc juste un délit de faciès.

« Je vais te faire passer l’envie de t’en prendre à l’un de nous ! »

Je lui mords la joue avec hargne et je tire sans desserrer les dents. J’ai le goût métallique du sang dans la bouche, ça gicle quand la peau se déchire sous mes crocs. Il me repousse de toutes ses forces mais je garde un bout de lui. Il hurle par tous les diables et je recrache le morceau.

« Vane. C’est mon nom. Dis le bien à tes amis. »

S’il ne l’a pas fait, j’ordonne à William d’achever le troisième. Un seul témoin suffira. Je suis maintenant remonté, haineux. J’attends que Will soit prêt, je fouille le mourant qui implore ma pitié au sol, il a essayé de tout faire rentrer. Je prends juste les quelques pièces dans sa poche et je lui crache dessus en lui donnant un bon coup de latte.

« Voilà, ça ira plus vite pour que tu crèves. Allons-y ! »

D’un pas décidé j’avance. Je m’essuie le visage.

« Blessé ? »




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Dim 5 Fév - 7:41
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Ok, donc le mot d'ordre était de tuer... Et Andreas se chargea déjà de deux agresseurs à lui seul. Il fallait dire qu'il appréciait le sang plus que son cadet, qui lui, aurait préféré poursuivre ses blagues et tracer sa route - par commodité plus que par lâcheté. Mais bon, il n'était pas non plus un ange, et s'il fallait trancher dans la chaire, et bien il n'allait pas tergiverser pendant des années... Il sortit son poignard, et le leva en signe d'invitation.
Après tout, ces hommes l'avaient cherché... Ils savaient les risques, et William ne faisait que se défendre. Il avait besoin de se rassurer ainsi, pour pouvoir apaiser un peu sa conscience. Au fond, il savait bien qu'il faisait un piètre pirate, ou même meurtrier, en général, mais il espérait qu'en gagnant la confiance de son frère, il finirait par avoir un poste plus tranquille, ou même quitter cette vie en ayant rétabli un contact positif avec son ainé.

    - Quelle haleine, morbleu ! Se plaignit William, en faisant la grimace. On dirait qu'tes entrailles sont d'jà en train de pourrir, sale mécréant... Un coup d'œil très furtif sur le côté lui apprit que c'était peut-être bien, en effet, des odeurs de boyaux chauds qui lui piquaient les narines.


Andreas Vane ne faisait vraiment pas dans la finesse. Echauffé par son précédent combat, William ne se faisait guère de soucis pour son propre sort, surtout maintenant que l'arrêt de mort avait été donné : il était presque plus difficile, parfois, de garder ses adversaires en vie que de les tuer.
D'ailleurs, il avait du mal à comprendre les raisons qui poussaient trois hommes à attaquer deux pirates, surtout quand l'un d'eux s'était fait une réputation de boucher sur toutes les mers des Caraïbes... Enfin, il y aurait surement toujours des suicidaires, surtout après quelques rasades de trop d'un rhum qui donnait l'impression d'être invincible.

    - Désolé, j'ai pas le temps de m'amuser, on est un peu pressés là... Déclara le Butler, en taillant la gorge de son interlocuteur, après une esquive habile et souple. Il préférait les choses ainsi : efficace, sans souffrances inutiles. En effet, en quelques secondes, l'inconnu avait perdu assez de sang pour ne pas sentir la vie le quitter, en grands bouillons sur le sol crasseux. Lui en tout cas, il pourra plus dire grand chose, conclut William, sur ce décès recherché par la victime.


Le jeune homme approuva d'un signe de tête à la demande de son capitaine... Il s'était chargé d'éteindre toute étincelle de vie dans son agresseur avant même de se voir confirmer cette tâche par son supérieur. Ce dernier arracha quelques pièces au cadavre, avant de poursuivre sa marche d'un pas rapide, en abandonnant là les 3 truants.

    - Euh... Non, répondit William, surpris qu'il s'inquiète de sa santé, en vérifiant quand même, rapidement, qu'aucune tache de sang sur ses mains ne lui appartenait. Il lui était déjà arrivé, par le passé, de ne pas sentir une blessure dans l'excitation du combat, et de ne s'en rendre compte que quand son taux d'adrénaline sanguin avait diminué, longtemps après sa victoire. Va pas falloir s'attarder dans l'coin...


Les cubains avaient un égo surdimensionné, et ce ne serait surement pas une défaite qu'ils accepteraient... Même s'il s'agissait d'un acte isolé, il pourrait très facilement en inspirer d'autres, qui n'attendaient qu'une étincelle pour faire éclater leur haine des pirates.
William tentait tant bien que mal de caler son pas sur celui de Vane, et fronçant les sourcils... Il n'était pas inquiet, mais plutôt méfiant. Andreas allait sans doute lui proposer de mener les négociations, peu importe son contact, et il allait devoir se montrer malin et prudent, pour entrer dans ses bonnes grâces tout en conservant leur sécurité.



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