AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Let's do the Change ¤ Andreas & Elianor

 :: Les Îles :: Port-Royal :: Auberge Le Grand Large Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
Mar 10 Jan - 22:46
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Capitaine
Date d'inscription : 05/01/2017
Messages : 113
Localisation : Tortuga
Age : 32


Let's do the Change
The Happiness of meeting again after a long time


Retour sur la terre ferme. C’est une chose que j’aime autant que reprendre la mer. Quoique non, un peu moins quand même. Mais le plaisir augmente lorsque je me dirige vers l’auberge. Une partie de mes hommes a quartier libre. L’autre surveille la cargaison. Je doute que quelqu’un tente de nous la voler à quai ; il faudrait être fou à lier pour oser s’en prendre au Neptune, à mes hommes, à moi. Mais j’ai appris que rien n’était certain en ce bas monde, alors il vaut mieux être toujours sur ses gardes.

Arrivés à l’auberge, ça se disperse entre l’alcool et les putes, voir les deux. L’une d’elle vient caresser mon torse dans quelque espoir de pièces d’or, elle me félicite même car je ne sens pas le poisson comme beaucoup. Que voulez vous : j'ai anticipé mon futur rendez vous. C'est pourquoi je ne suis pas intéressé. De manière générale, les filles de joie ne m’ont jamais trop charmé. Je n’aime pas payer pour ce genre de plaisir. Et là, j’ai bien mieux à faire. Quoique j’aimerais bien faire certaines choses avec celle que je viens voir. Je remercie donc la demoiselle, l’invitant à s’occuper de mes gars, et file vers le fond de la pièce, direction les escaliers. On tente bien de m’arrêter.

« M’dame n’est pas là… Vous devez attendre en bas… Capitaine Vane… »

Je lui lance un regard courroucé. J’ai les yeux d’un bleu perçant, tranchant comme l’acier, sans fond comme l’océan. L’homme n’insiste pas trop et m’assure qu’il va chercher sa patronne.

« Fais donc ça. »

Je l’attends devant son bureau. Adossé au mur, l’air nonchalant comme bien souvent. Le son de sa voix ne me fait pas me redresser mais sourire. Surtout quand je la vois mécontente, faussement mécontente.

« Et me passer de tes invectives si délicates ? »

Elle m’invite à entrer, comme si seules les affaires comptaient.

« Moi aussi, je suis ravi de vous revoir miss Thompson. »

Je la suis d’un pas lent, je flâne. Je me tourne de trois quarts pour la voir fermer la porte derrière nous et hausse un sourcil. Amusé.

« Un peu d’intimité, ça m’a manqué ces dernières semaines. »


Je bouge vite et me plante devant elle lorsqu’elle avance. Je peux sentir l’odeur de sa peau, de ses cheveux. J’inspire plus fort, luttant contre l’envie d’effleurer cette peau diaphane.

« T’ai-je manqué ? »

Quelle sera sa réponse du jour ? Je sais que je lui plais, je le sens. Je ne suis pas né de la dernière pluie. Mais elle me repousse toujours, elle se refuse à moi. Je pourrais pousser plus loin, la forcer un peu pour lui prouver qu’elle n’a pas réellement envie de me résister. Mais je suis certain de deux choses. La première est qu’elle mérite mieux qu’un pirate qui se prend pour un Don Juan. Même si je pourrais prétendre au titre de libertin irrésistible. La seconde est qu’elle a tellement de fierté, qu’elle briserait mes précieuses. Et j’y tiens.




Offre-moi cet horizon. Yo ho sur l'heure Hissons nos couleurs. Hissez ho, l'âme des pirates Jamais ne mourra.© florissone
Revenir en haut Aller en bas
Ven 13 Jan - 23:16
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Capitaine
Date d'inscription : 05/01/2017
Messages : 113
Localisation : Tortuga
Age : 32


Let's do the Change
The Happiness of meeting again after a long time


J’hausse un sourcil. Ça dépend ? Qu’était-ce donc que cette réponse ? Elle me sourit malicieusement tandis que je plisse les yeux et l’observe. Elle a pensé à moi, j’en suis persuadé. Et pas que pour le butin. Ça me plait de l’imaginer seule dans sa chambrée, à regarder l’horizon, éclairée par le même clair de lune que moi qui suis à des milliers de bornes. Elle change de sujet, je souris en coin.

« Plutôt bonne, oui. »

Je la suis des yeux tandis qu’elle s’éloigne de moi. Elle s’adosse à son bureau et je soupire bruyamment car d’autres pensées assaillent mon esprit. Il faut croire que j’ai passé trop de temps en mer. Je ris et ouvre les mains en signe de reddition.

« Que veux-tu ? La mer est une femme capricieuse, elle aussi. »

Je m’approche et hésite un instant à m’asseoir à ses côtés. Pour l’instant je reste debout devant elle. Je peux ainsi l’observer à loisir. Si mon teint est encore plus halé qu’avant mon départ, elle a toujours cette peau pâle que je meurs d’envie de caresser pour savoir si elle est aussi douce que dans mes songes.

« J’ai perdu un homme. »

Je marque une pause l’air grave. Je la vois curieuse, presque avide de détails.

« Ce gredin est passé par-dessus bord. Il a voulu faire main basse sur le butin. Mal lui en a pris. Je l’ai châtié que ça serve d’exemple aux nouveaux, et les requins s’en sont repus. »

Une histoire simple, rien d’extraordinaire pour ce voyage. Enfin, façon de parler parce qu’en réalité nous avions fait une belle découverte. J’en frémis encore d’excitation.

« Tu vas être heureuse. Je ramène ton dû et plus encore. Quelque chose qui a fait tourner la tête à un rat de cale qui n’a pas compris la chance que nous avions.»

Je fouille dans ma poche et sors une petite bourse en velours. Je la lui tends et lorsqu’elle va pour s’en saisir, je retire vivement mon bras.

« D’abord tu dois me faire une promesse. »

Je fais les quelques pas qui nous séparent, me plantant à nouveau juste devant elle. Nos souffles s’enlacent, à défaut de nos corps. Je plonge mon regard dans le sien, comme les vagues qui viennent se fracasser contre les rochers. J’ai d’ailleurs souvent cette impression face à elle… D’une voix basse, j’ajoute :

« Personne ne doit savoir. Cette trouvaille est au Neptune et à personne d’autre. C’est à nous de trouver le reste. Fais- en le serment. »

J’attends sa réponse, sa promesse. J’ai peut-être bien mis la main sur le plus gros trésor que je pourrais trouver, celui dont rêve chaque pirate. Si tel est le cas alors nous serons riches. Sans même avoir tué, un comble, pas vrai ?




Offre-moi cet horizon. Yo ho sur l'heure Hissons nos couleurs. Hissez ho, l'âme des pirates Jamais ne mourra.© florissone
Revenir en haut Aller en bas
Sam 21 Jan - 21:52
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Capitaine
Date d'inscription : 05/01/2017
Messages : 113
Localisation : Tortuga
Age : 32


Let's do the Change
The Happiness of meeting again after a long time


Je lui donne quelques infos, j’attise sa curiosité et je coupe court en demandant une promesse. Certes, j’ai confiance en elle mais je ne suis pas le genre d’hommes à penser que la confiance est infaillible. Tout simplement parce que les hommes, les femmes ne le sont pas. On a tous nos faiblesses, on peut trahir pour se venger, pour blesser, pour fanfaronner… il y a tellement de raisons possibles. Alors j’aime entendre, j’aime faire des pactes. Evidemment, ça la vexe. Je souris.

« Il est vrai. Et je t’en suis reconnaissant. »

Mais j’attends quand même qu’elle le promette. Nous nous fixons, je peux sentir la tension dans l’air. Electrique. Le temps est comme suspendu, et moi je suis suspendu à ses lèvres. Ses lèvres ourlées qui doivent avoir le goût du miel… Mon esprit s’égare. Elle promet. A la bonne heure ! Je me ressaisis. Mes narines se gonflent cependant de désir car sa voix m’envoûte. Je n’ai jamais vu de sirènes en mer, mais sur terre… C’est elle. Pourvu qu’elle ne m’entraine pas vers le fond mais vers les cieux. Je me racle la gorge. Je lui tends la bourse, elle pose la main dessus pour la prendre et je pose ma seconde main sur la sienne pour la retenir un instant. Ce simple contact agite mon palpitant comme une mer endiablée.

« Celles-ci sont pour toi. Pas pour te remercier pour tes infos, pour nos affaires ni ton silence. C’est un cadeau. »

Je la regarde fixement, je veux qu’elle comprenne. Je ne soudoie pas la marchande, je veux me rapprocher de la femme. J’aurais pu offrir des fleurs, l’inviter à dîner, lui écrire un poème, mais ce n’est pas moi. Je suis un pirate, un voleur, un brigand et j’aime ce qui brille. Alors je retourne sa main pour la garder dans ma paume et je verse le contenu de la bourse dans la sienne. Je lui offre des émeraudes. Grossièrement taillée mais pas besoin d’être un expert pour réaliser de quoi il s’agit. Ce vert est inimitable. Je range la bourse et pousse une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Je prends une pierre et la place devant son lobe.

« C’est ta couleur. Si j’étais resté celui que l’émissaire recherchait, je t’en aurais offert des montées en parure mais… tu ne m’aurais pas regardé, pas vrai ? Parce que celui que je serais devenu ne t’aurais pas défendue à ton arrivée. »

Je grimace un peu de dégoût rien qu’à l’idée que j’aurais pu devenir comme le Gouverneur, mon père. Je passe la langue sur mes lèvres qui me paraissent soudain si sèches et me rapproche un peu d’elle. Sans la quitter des yeux j’effleure sa joue en abaissant la main et remet la pierre dans sa paume.

« En réalité, je ne t’aurais peut-être même pas connue. Rien que pour ça… »

J’aime ma vie telle qu’elle est, chacun de mes choix m’a mené où je suis aujourd’hui. Le Destin car il n’y a pas de hasard. Je suis persuadé qu’on parlera de moi encore dans cent ans, je le veux. Et ce que je veux tout autant c’est elle. Je recommencerais tout pour elle, mais si ma gloire était sans elle je ne recommencerais pas tout. Mais inutile de lui en dire autant, je refuse de m’ouvrir autant. J’en ai déjà trop dit.

« Alors, veux-tu l’histoire ? »




Offre-moi cet horizon. Yo ho sur l'heure Hissons nos couleurs. Hissez ho, l'âme des pirates Jamais ne mourra.© florissone
Revenir en haut Aller en bas
Sam 4 Fév - 16:04
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Capitaine
Date d'inscription : 05/01/2017
Messages : 113
Localisation : Tortuga
Age : 32


Let's do the Change
The Happiness of meeting again after a long time


Elle ne me rend pas mes confidences, au contraire. Elle joue la fière. Je reste persuadé qu’elle partage le feu qui m’anime, je ne suis pas fou, ça se voit dans ses yeux ! Mais je sais que j’ai également raison de ne pas m’ouvrir plus puisqu’elle a décidé d’ériger un mur entre nous. Parfois elle y fait une percée, qu’elle rebouche aussitôt. J’imagine que je mérite d’être traité de la sorte, je ne suis pas un homme qu’on qualifie de bien. Ça n’empêche pas mon égo d’en prendre un coup, ni mes sentiments qui se mettent alors à se mélanger. Je reste silencieux tout en la fixant alors qu’elle ajoute une distance physique entre nous. Je garde la face, je range ma fierté dans un coin. Avec mon cœur. Lui raconter une histoire, celle de ces pierres m’arrange bien.

« Tout ce qui vous plaira, miss. »

Je m’installe alors avec nonchalance dans le fauteuil face à son bureau. Je m’appuie sur un accoudoir et je lui explique alors que nous avons attaqué un navire marchand. Feu, sang, tripes, la routine. Nous avons récupéré tout ce qui pouvait l’être et c’est là que One Eye m’informe qu’il manque un gentilhomme, ses deux esclaves personnels et une barque. Le bougre s’était fait la belle. Mais où ? Nous l’avons cherché plusieurs heures avant de le retrouver seulement le lendemain dans sa barque, sans esclave ! Il était couvert de sang. Un requin qu’il a dit !

« Où était-il passé tout ce temps ? Pourquoi avoir fui ? J’étais persuadé qu’il y avait anguille sous roche. En plus il avait des pierres sur lui. Soit disant pour payer sa liberté et qu’on le ramène à bon port. Nous ou quiconque le trouverait. »

Je ris en repensant à sa naïveté. Ou sa folie.

« Il m’a suffi de lui couper deux doigts pour avoir le fin mot de l’histoire. Il a tué les esclaves, leur a ouvert le ventre et les a bourrés de toutes ses pierres précieuses. L’équivalent d’un coffre !! Il savait qu’une île était proche, il y a laissé le corps de son esclave. Pourquoi pas le coffre, penses-tu ? C’est là que notre ami n’est pas si bête. Un coffre on s’en approche, un corps en putréfaction, personne n’y touche. On ne pouvait pas aller jusque l’île, problèmes de vents et aussi de rendez-vous à honorer. Mais on va y retourner. Imagine combien de pierres un corps peut-il contenir ? »

Des centaines, des milliers même. Nous serions riches pour un bout de temps ! Dans le doute, je ne l’ai pas tué. On ne sait jamais, il y a plusieurs petites îles dans le secteur. Il aurait pu aller jusque n’importe laquelle. Mais pas que pour ça…

« Evidemment, ce ne sera pas le premier gros butin que nous trouverons. Evidemment, la fortune sera dilapidée trop vite par mes hommes qui sont en majorité incapables de penser au futur. Carpe diem. Et je ne les blâme pas. »

Je sors un cigare et l’allume. Je m’amuse à faire quelques ronds en recrachant la fumée.

« Quand je l’ai menacé de lui couper la main, il m’aurait offert sa mère ! Il a des informations. Sur un tas de choses. Des choses politiques et des histoires de navires bien chargés qui vont transiter pas si loin de nous. Et là, il me faudra ton appui. Comme tu auras le mien si ce qu'il dit est vrai. »





Offre-moi cet horizon. Yo ho sur l'heure Hissons nos couleurs. Hissez ho, l'âme des pirates Jamais ne mourra.© florissone
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
ET UNE BOUTEILLE DE RHUM :: Les Îles :: Port-Royal :: Auberge Le Grand Large-
Sauter vers: