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Dim 10 Jan - 14:39
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Alice & Ozzie


“Le conseil le plus prompt est le plus salutaire.”Jean Racine

Ma voilà à terre pour me fournir en matériel. Je n'avais plus soigné comme ça depuis un an. C'était revigorant de se sentir utile sur ce bateau. Mes doigts commençaient à oublier les gestes sur la terre. Mais après deux ou trois trous suturés, j'avais repris la main. Et c'était pas trop dégueulasse pour une reprise. Faut dire, les blessés n'étaient pas trop exigeants.

Toujours était-il que je n'avais plus de matériel. Il me fallait plus de compresses et de fil à recoudre. Ils avaient tous le don de revenir couvert d'entailles. Je me demandais même s'ils ne le faisaient pas exprès pour rencontrer la nouvelle chirurgienne du navire. Faut dire j'avais fait l'effet d'une bombe sur ce pavillon.

J'étais enfin arrivée devant le stand qu'il me fallait. Le gars m'avait vu venir de loin. J'étais déjà épuisée avant même d'ouvrir la bouche. J'étais toujours discréditée à cause de mon sexe. Bon Dieu un jour il faudrait que ça change. Je devais fournir plus de boulot pour marchander que n'importe quelle personne qui se présentait avec une pomme d’Adam.

"Il te faut quoi bougresse ? Tu dois te tromper de stand"

"Bien le bonjour à vous aussi. Je voudrais un kit de suture. Pas plus de 5 pièces."

"T'y connais rien, je te fais rien à moins de 10 pièces arrgh"

"Commencez pas à faire votre gredin, je connais les prix !"

"C'est moi l'chef ici, c'est moi qui dit ! Si tu veux, tu mets le prix !"

Ma journée commençait bien. J'avais juste envie de planter ce forban. Le Capitaine ne supporterait pas perdre de l'argent et moi mon temps. J'étais dans une impasse. Peut-être que je devais revenir avec quelqu'un ? Lui montrer une paire de couille pour être tranquille ?
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Mer 20 Jan - 22:29
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Les mains dans le dos, le sourire tranquille et la démarche paresseuse, Oswald avait pris cette habitude, devenue rituelle, de passer par les marchés du port, chaque matin. Sa petite boutique, près des ruelles de la place du marché, était ouverte. Un enfant d'une douzaine d'années a qui Oswald avait offert une arme s'était offert un poste de surveillance, au matin et au soir, lorsque le propriétaire avait ses affaires ailleurs. Le gamin ne demandait rien. Quelques pièces, un repas dans la journée, rien de bien impossible. C'était un petit français qui avait passé sa jeunesse à hurler sous les toits de la boulangerie pour mendier son pain et qui revenait toujours couvert de farine sur le visage. A force, les gens du quartiers avaient finis par l'appeler Blanchon et seule sa mère l'interpellait par son nom, tous les soirs, quand il tardait trop à la boutique et que la nuit tombait. On entendait alors le résonnant "HUBERT, VIENS MANGER !" du patée de maison d'à côté et Oswald sourait en laissant son petit apprenti disparaître en courant. "A demain, m'sieur Queen !". Sa mère était une femme très gentille et très reconnaissante d'avoir offert un emploi au marmot qui avait arrêté de mendier et de voler les pirates du port. Mais elle commençait à râler du salaire ridicule qu'offrait le marchand au gamin. Elle était venu une fois, le sourire noir et les cernes aux yeux. Elle avait fait quelques courbettes, avait parlé de salaire et de choses dont elle ne connaissait pas et Oswald l'avait gentiment renvoyé chez elle. La pauvre gueuse. Il s'était pris l'envie de la frapper tellement fort qu'elle en perdrait ses dents. Cette mégère.

En passant devant les stands, il ressassait sa voix graveleuse et roque de la bonne femme que la vie avait déjà tout prit. Ses cordes vocales étaient de celles que les vieilles putes des docks se coltinaient après des années de labeur. Et si sur l'instant, sa présence l'avait fortement ennuyé, il y pensait aujourd'hui avec beaucoup d'amusement et d'affection.

T'y connais rien, je te fais rien à moins de 10 pièces arrgh !

Oswald se tourna presque instinctivement. L'altercation n'était pas très forte mais elle avait eut le don de le faire gentiment rire. La gamine était mignonne. Pas vraiment d'un genre mendiante mais ses vêtements n'étaient sans doute pas assez riches pour interpeller le prêteur sur gage. Il approcha doucement, les mains toujours croisées dans son dos. Il déambula un peu et se pencha innocement sur la marchandise, écoutant d'une oreile indiscrète la conversation. Elle semblait connaître son affaire. Il était commun qu'un chirurgien envoie des laquais et domestiques chercher son matériel. Ou bien était-ce l'épouse. Envoyer une femme marchander les prix du marché du port n'était sans doute pas l'idée la plus brillante. Oswald tourna son regard vers la jeune femme et lui sourit. D'un sourire complice et compréhensif. En se redressant, il lança un clin d'oeil à la jeune femme. Il se retourna vers le marchand, digne et droit, et pointa du doigt l'objet de convoitise.

10 pièces pour ça ? J'imagine qu'à ce prix-là, vous offrez également la prestation qui va avec...

Sans doute n'étaient-ils pas assez familiers pour ça. Le marchand se mit à brailler, à s'énerver. La provocation était peut-être de trop. Oswald garda un sourire assuré et rétorqua, le plus calmement du monde que ça porterait préjudice à son marché. Il se tourna vers la jeune femme et, une main dans le dos et l'autre pointant a direction opposé, lui adressa la parole d'une chaleureuse affection.

Il me semble avoir vu le même kit à un stand, plus loin, pour 3 pièces. Permettez, milady, que je vous indique le chemin ?


Trois pièces ? Tu te fous de qui, l'anglais ? Personne ne vends à ce prix !

Oswald ignora le marchand et offrit son bras à la demoiselle comme une invitation à aller voir ailleurs.

Bon, va pour cinq ! C'est le prix, y'a pas moins, sur le marché, mon p'tit !

Continuant de l'ignorer, Oswald intima du regard la demoiselle à le suivre et jouer le jeu. C'était évident, personne n'offrait ce genre de kit à moins de 5 pièces. Mais entendre parler d'un stand qui faisait ainsi tourner la concurrence était fatalement mauvais pour les affaires. Et par crainte de finalement perdre deux clients tandis que le but était en escroquer un, il finit par céder le kit à trois pauvres pièces.
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Ven 22 Jan - 21:00
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Alice & Ozzie


“Le conseil le plus prompt est le plus salutaire.”Jean Racine

Alors que je pensais faire demi tour - plutôt que de flanquer mon poing dans la figure de ce manant - j'observais un petit jeu auquel je ne m'attendais pas. Un homme, qui pouvait être mon père, deux fois mon père en fait, me fis un clin d’œil.

Je fronçais les sourcils mais répondais à son geste. De toute évidence il était en train de faire quelque chose. Quelque chose pour moi ? J'allais donc en profiter, peut-être à regret ensuite.

Je ne dis rien, je suivais son manège. Mais je n'en pensais pas moins. Que voulait-il ? Je le sentais mal. J'avais déjà eu des ennuis le premier jour de mon recrutement, c'était passé pour cette fois. Mais là, vu le bonhomme, je ne serais pas à la hauteur quoi que soit l'embrouille. Je décidais mentalement que c'était la dernière fois que je fichais un pied à terre.

Cependant je tiquais. C'était quoi ce langage ? Personne au monde ne m'avait encore appelé Milady. Je haussais un sourcil et continuais dans son sens.

"Oh vraiment, montrez le moi je vous prie"

Hallucinant ou fascinant, je ne savais pas trop. Rentrer dans le jeu de cet homme me fis gagner deux pièces sur ce que je convoitais. Mais maintenant, qu'allait-il advenir ? Qui était-il ? Et pourquoi m'avait-il aidé à marchander ? Qu'allait-il me demander en échange ?

Il me tendit son bras. Diantre, c'était trop courtois, trop étrange.

*Par pitié qu'il ne soit pas le genre de gros vicieux à quémander les faveurs de la chair. J'avais pas la gueule du pute, si ?*

J'osais un sourire en réponse aux siens. C'était quitte ou double maintenant.

"Merci !"

J'avais envie de fuir, mais cet homme m'intriguait. J'attendais qu'il me dise le reste.
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Ven 22 Jan - 21:03
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Satisfait, Oswald fixait le marchand d'un oeil de défi, tandis qu'il récupérait sa monnaie. Ils échangèrent un rapide regard et toujours tout souriant, le prêteur sur gage se dégagea de la foule avec la demoiselle au bras. Ils évitèrent l'effervescence locale et la guidant, Oswald posa une main sur son dos, tandis que son second bras se présentait comme appuie et soutien à son accompagnatrice. L'entrée en matière était cocasse. Ma foi, elle avait des mains de travailleuse et un corps plutôt fin. L'épouse d'un chirurgien ? Non, peut-être pas. Fallait-il qu'elle soit protégée, néanmoins, si Oswald n'en jugeait que par la qualité de ses traits. Songeur, il continua son raisonnement sur quelques pas, attrapant du coin de l’œil tous les détails qui lui seraient utiles. Puis finalement, son regard se posa une longue seconde sur elle et il se permit une rapide observation, comme on jauge son esclave ou sa putain. Il avait le nez juste au-dessus de ses cheveux et les effluves féminins et salés lui remontaient par accoue, avec le vent marin qui emportait son parfum.

Soudain, son esprit revint à elle et à la situation. Et d'un grand geste ample, il l'invita à se dégager de lui et à lui emboîter le pas. Toujours, de cette exubérance théâtrale et maniérée qui amusait ou faisait enrager ceux qui en étaient victime.

Et bien ! J'ose espérer que le docteur pour qui vous travaillez vous indemnise correctement, si vous vous aventurez toutes les semaines dans cette vase !

Le mieux était effectivement de demander.

Ce qu'il y a de bien, à connaître des chirurgiens, c'est que ça fait de vous le meilleur indic' du port. La rareté était toujours très bien récompensée et pour un peu de temps gâchée, les surprises pouvaient être bonnes. Il n'y avait pas de fausses occasions, pour cultiver le bon renseignement.

D'un geste presque militaire, Oswald se tourna complètement vers son interlocutrice et retira son chapeau.

Permettrez-vous que je me présente ? Il se fendit d'une grossière courbette et d'un ridicule baisemain. Oswald Obe Queen ! Prêteur sur gage de profession et l'ami de tous ceux qui désirent faire fortune sur ces îles !

Le vieux loup se présentait toujours d'une articulation de saltimbanque. Folle et joyeuse, prononçant fort et distinctement chaque voyelle. Avec cette grandiloquence qui rappelait les comédiens de rues qui présentaient leur pièce aux passant désintéressés et à leurs enfants.

En se redressant, il remit son chapeau sur la tête, espérant recevoir une réponse plus heureuse que les timides remerciement qu'avaient jusqu'alors offert la jeune femme à son négociant.
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Ven 22 Jan - 21:08
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Alice & Ozzie


“Le conseil le plus prompt est le plus salutaire.”Jean Racine

Fort mal à l'aise à son bras et éprouvée par tous les sentiments qui m'envahissaient, je n'osais pas moufter en sa présence. Il était trop galant pour être vrai. Trop prévenant pour qu'il ne m'arrive rien. Et moi, bien sûr je le suivais sans aucune hésitations, comme si un révolver était caché sous sa veste.

Il se mit à parler, ses accents anglais et sa gestuelle me laissaient perplexe. Cependant, il pensait que j'étais la femme d'un médecin. D'un calme olympien je me rendis compte que finalement il s'était mépris sur la personne et que j'avais encore une chance. Je savais quel genre de loup blanc j'étais. Et de manière générale, j'étais plus un moyen de chantage qu'autre chose.

Il s'arrêta brutalement, soucieuse je marquais un pas en arrière. Il hôta courtoisement son chapeau avant de se présenter à moi comme un prêteur sur gage. Oyé, voilà l'embrouille. J'en avais connu dans ma vie, et rien n'était gratuit avec eux. J'étais dans de beaux draps. J'imaginais déjà donner à manger aux poissons.

Quelque chose retint mon attention. Oswald Obe Queen. Queen Queen ? Oswald Queen, son nom ne m'était pas inconnu, loin de là. Je me mis à l'observer comme il l'avait fait quelques minutes avant. L'identité de ce personnage était sur le bout de ma langue, là dans un coin de cerveau.

J'étais perturbée. Aucun prêteur sur gage n'avait autant de prestance et de tact. Me mentait-il pour arriver à ses fins ? Même s'il avait fort bien négocié tout à l'heure. Cependant j'étais moins inquiète que j'aurais du l'être. Je n'avais cependant pas envie de débiter mes origines. Mon père pouvait être connu par cet homme, et j'étais en fuite depuis trop longtemps pour risquer de revenir sous le cuir de mon père.

"Maria Alice, et le médecin c'est moi ! Je vous remercie pour votre intervention. J'aime à connaître ce que j'achète, c'est plus fort que moi."

*Et abruti aussi*

Je baissais ma tête en guise de salutations.
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Ven 22 Jan - 22:58
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Sans quitter son éternel sourire, Oswald fronçait des sourcils. Il ne laissa, cependant, rien entrevoir de sa surprise. Il se sentit, malgré lui, encombré par un sentiment d'humiliation. L'éventualité qu'elle officiait elle-même en tant que médecin ne lui avait même pas effleuré l'esprit. Qui va voir une femme-médecin ? Même mourant, certaines préféreraient sans doute vomir leur dernier sursaut de vie plutôt que de laisser des mains féminines toucher leurs suppures. Une dignité du dernier instant qui voulait qu'une femme n'ait pas à être affligée de vision d'horreur et pire que tout : De la faiblesse du guerrier. Aussi, dans un endroit pareil, la question la plus évidente était de savoir comment réussissait-elle à faire affaire ? Oswald avait des yeux partout, sur la terre ferme. Si elle était médecin, il lui paraissait évident qu'elle ne l'était pas dans les environs.

La curiosité naturelle qui se dégageait de son attitude lui fit redresser des épaules et pencher la tête sur le côté. En dépit des questions que lui infligeait son intérêt pour la singularité de son cas, Oswald prit sur lui et rit aimablement à sa réponse qu'il jugea courtoise et beaucoup trop froide. La tenue de la jeune femme hurlait au malaise. Un sentiment qu'il n'inspirait, généralement, qu'aux gens de bon esprit et à la juste méfiance. S'il en jugeait par ce qu'il voyait et du peu qu'il en savait, le vieux commerçant ne pouvait qu'en être compréhensif. Et d'avantage irrité.

D'un mouvement d'admiration sincère et après une réaction d'amusement à l'intérêt que la jeune chirurgienne portait à son matériel, il leva sa main au cœur.

Et c'est une remarquable qualité ! S'exclama-t-il, les yeux au ciel comme pour en remercier le Seigneur. Enchanté de vous connaitre, miss Alice ! Puis il la regarda tendrement et baissa la voix d'un ton. Par tous les saints... Une femme-médecin. Serait-ce possible ? Se moqua-t-il sans méchanceté. Plissant les yeux et s'approchant d'elle, il posa sa question avec les mains toujours aussi actives autour de lui, comme pour illustrer vaguement son propos. C'est un métier officiel pour la gente féminine ? Comment vous appelle-t-on ? Doctoresse ? Chirurgienne...? Il se redressa en riant. Je suis un incorrigible curieux. Il leva alors sa main, comme pour lui couper la parole avant même qu'elle n'ait eu le temps de répondre. Veuillez m'excuser. Mais. Se coupa-t-il, soudain. Alors il eut un temps d'hésitation, perdit son sourire et dans sa réflexion, ses yeux frôlèrent le sol. Se mordant la lèvre inférieure, il redressa le regard pour la sonder, la tête bien encrée entre ses épaules. Il me semble qu'il n'y a que sur un navire qu'une femme-médecin pourrait réellement exercer le métier de manière officielle... Je me trompe ?

Et puisque seuls les pirates acceptaient - quoiqu'avec beaucoup d'appréhension - les femmes à leur bord...
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Sam 23 Jan - 19:51
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Alice & Ozzie


“Le conseil le plus prompt est le plus salutaire.”Jean Racine

Un compliment. D'un homme ? Je venais d'avoir un compliment de ce briguant. C'était un briguant ? Bon sang que je m'énervais, j'avais déjà entendu ce nom quelque part et...Queen....Oswald...Obe... Oh mais bien sûr. C'était là, dans mes souvenirs d'enfance, les soirs où ma mère me racontait les légendes pirates, au même titre que les contes de fées et de kraken.

Mais je n'avais souvenir que d'un Ozzie, capitaine d'un bateau qui avait enchanté mes histoires du soir, le Your Mother's Ass. Je me souvenais m'en amuser avec ma mère (du nom, pas de la légende). Il faut dire qu'il ne fallait pas grand chose à la gosse que j'étais pour en rire.

Dans la légende, le capitaine avait été affreusement tué, dans un bain de sang. Il avait une réputation sanglante, les massacres le suivaient comme son ombre, le Bourreau de la Reine. Et même dans sa mort il avait emporté des dizaines de personnes. Mon père lui n'arrêtait pas de dire qu'il avait en fait raccroché de la piraterie sur terre, ce qui bien sûr le révulser. Mais il se disait "un de moins sur mes eaux".

Mais pour moi, tout comme ma mère, on préférait qu'il soit mort. Faut dire qu'il me faisait peur à l'époque. C'était l'histoire qu'on contait pour mater la marmaille récalcitrante. "Si tu continues on appelle Ozzie". Et plus aucuns mioches ne bronchaient.

Je frémissais, si l'homme que j'avais en face de moi était le Bourreau de mon enfance. Je pensais à ma mère. Dans quel état serait-elle si elle savait que j'étais en face de celui qui avait terrorisé mes nuits, hanté mes cauchemars. Je sursautais, sortie de mes pensées, quand il s'étonna que je sois une femme médecin.

Je le détaillais un peu plus. Il avait l'âge d'être celui de mes légendes. Le profil ne collait pas par contre. Trop sage, trop anglais, rien du sanguinaire de issue de ma mémoire. Je n'irais pas jusqu'à dire gentlemen, mais presque.

Un nouveau frisson me parcouru quand il leva la main devant moi, pour murmurer que la seule manière de pouvoir affirmer que j'étais médecin, serait de l'être officiellement sur un bateau. Son intelligence me fascinait plus qu'elle ne me faisait peur. Et étrangement, ce prêteur sur gage m'inspirait de grandes choses. J'étais inquiétée mais...

Il avait de la prestance et c'était agréable de converser avec lui. C'était comme s'il sortait d'un de mes livres. C'était - malgré la situation - plaisant d'avoir quelqu'un d'un certain niveau intellectuel devant moi. Je devais devenir folle de penser de telles choses. Ma curiosité était mêlée à une crainte générale. Je restais aux aguets, et me mis aussi à murmurer à sa manière.

"Il est possible que je sois aussi rare que la dernière caisse de rhum sur un bateau en mer Sir Queen ! Puisque que c'est effectivement là où j’officie."
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Dim 24 Jan - 21:21
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Oswald resta penché quelques secondes, bouche entrouverte et l'oeil espiègle. De près, pouvait-il détailler ce visage de petite adulte qui lui semblait peu à peu s'ouvrir à un plus d'aisance. Une bouche ronde, de grandes dents bien blanches, un regard de biche éffarouchée remonté de longs cils joliment courbés. Avec toute la bonne volonté du monde, Oswald n'aurait jamais pu deviner seul que cette petite princesse tombée d'un conte pour enfant aurait pu silloner les sept mers en compagnie de criminels. Au mieux, la voyait-il dans une maison de passe où sa jolie petite peau de lait n'aurait pas à souffrir des sels et des vents marins. Il semblait que les océans n'avaient pas encore livrés toutes leurs merveilles.

L'humour d'Alice était d'un genre qu'il appréciait. Il se redressa d'un coup en éclatant d'un rire franc. Si franc que son dos se pencha en arrière. Le prêteur sur gage ouvrit grand les bras, d'un bruyant soupire.

Ah ! Voilà quelqu'un qui me plait bien, aha ! Il se calma puis se posa un instant pour l'apprécier de bas en haut. Femme-médecin à bord d'un navire, alors... Bien, bien ! C'est une... Heureuse rencontre sous un radieux soleil, alors ! s'exclama-t-il en levant la main au-dessus de sa tête.

Le ton de sa voix se fit d'un coup plus calme. Plus douce. Mais si ses épaules devinrent plus sereines, ses mains continuaient de s'agiter comme de petits lapins qui se courraient derrière, devant lui. Ses doigts étaient bien trop mobiles mais ondulaient avec une indolence de pianiste.

J'ai moi-même marchandé sur les mers, à une loingtaine époque. Et je souffre qu'il n'y ait pas d'avantage de femmes dans ces métiers-là.

En vérité, Oswald n'en pensait rien. Une femme à bord d'un vaisseau était toujours synonyme d'anarchie. Les marins voulaient les renverser, les capitaines devenaient jaloux et elles tombaient enceinte bien trop souvent pour en faire de bonnes navigatrices. Toutefois, l'hypocrisie ouvrait souvent beaucoup de portes utiles et il sentait qu'il pourrait tirer quelque chose d'excellent de cette amitié-là. Que ce fusse avec elle ou avec les membres de son équipage.

Il rit doucement et eut un brève regard autour de lui.

Mh. Je dois être en train d'occuper votre précieux temps, j'imagine ! Je ne voudrais pas vous retarder ! Votre capitaine ne doit certainement pas apprécier de vous savoir trop loin de votre vaisseau trop longtemps...
moqua-t-il d'un ton de défi.

S'il y avait une chose que les femmes-pirates détestaient plus que tout - Oswald l'avait appris au dépend de quelques dents et au profit d'un coquard gros comme son poing - c'était l'humiliation d'être attachée à une autorité masculine. Aussi, d'un regard complice et d'un sourire narquois, Oswald fardait à peine sa provocation, l'invitant à transgresser le code de conduite qu'on attendait d'elle.
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Mar 26 Jan - 14:01
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Alice & Ozzie


“Le conseil le plus prompt est le plus salutaire.”Jean Racine

Hum. Je ne savais plus quoi penser. Oswald me fascinait. Il m'intriguait autant qu'il me faisait rire. Sous ses airs prévenants il avait quelque chose qui me faisait froid dans le dos et qui n'avait de cesse que de me déstabiliser. J'étais encore torturée par le sentiment de fuir et celui de rester. Mais il s'avérait que je voulais le connaître un peu plus. S'il était l'homme de mes contes, il fallait que je reste, pas pour le simple fait qu'il était intéressant, mais parce que maintenant je l'intéressais et que partir - fuir - devant un prêteur sur gage ne serait pas une bonne idée.

- J'ai moi-même marchandé sur les mers, à une lointaine époque. Et je souffre qu'il n'y ait pas d'avantage de femmes dans ces métiers-là.

Vraiment ? Etait-il sérieux ? Cela ne collait pas avec le...personnage. Mais peut importe, le sens était qu'il me charmait. Et ça marchait. Oswald avait quelque chose d'envoutant, de captivant, comme si on avait envie de connaître toutes ses histoires, toutes ses prouesses autour d'un verre de liqueur. Et je voulais savoir si c'était le monstre de mes histoires d'enfant.

Son rire était contagieux. Je me vis faire la même chose tout naturellement.

- Mh. Je dois être en train d'occuper votre précieux temps, j'imagine ! Je ne voudrais pas vous retarder ! Votre capitaine ne doit certainement pas apprécier de vous savoir trop loin de votre vaisseau trop longtemps...

Mes sourcils se froncèrent. Je n'avais de compte à rendre à personne. Enfin si. Enfin non, j'étais le médecin du bateau et j'étais allée moi même faire les courses, je pouvais bien prendre le temps que je voulais. Et cet homme m'avait aidé à marchander, je pouvais bien me retarder. Je ne connaissais pas encore assez bien le Capitaine James pour savoir s'il attendait de moi quelque chose. C'était peut-être l'occasion. Redressant mes épaules comme pour me donner plus d’allure devant ce personnage imposant. Je le défiais du regard, répondant à sa provocation à peine dissimuler.

"Et si vous alliez me conter, autour d'un verre, votre lointaine époque où vous marchandiez sur les mers ?!"

C'était déjà un bon début pour découvrir l'identité de l'ami de tous ceux qui désirent faire fortune sur ces îles.
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Lun 1 Fév - 23:59
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D'un heureux éclat de rire, sa tête se renversa en arrière. C'était qu'il commençait à bien l'apprécier, la donzelle ! Méfiante mais impudente. Une vraie peste ! Parfait. Le visage d'Alice lui paraissait beaucoup plus lumineux et son attitude se gonflait de cet ego qui la rendrait presque adorable.

A la bonne heure ! s'exclama-t-il d'un seul coup en levant les mains en l'air. J'accepte bien volontiers l’invitation, milady ! ajouta-t-il en s'inclinant d'un habituel geste de vieux comédien. Il accentua cette grotesque mimique en retirant poliment son chapeau.

Comme si l'initiative venait vraiment d'elle...

Sans la moindre forme de pudeur, Oswald alors attrapa joyeusement le bras de la jeune femme et l’entraîna dans son enthousiasme vers l'établissement le plus proche et le plus prompt à la situation. Il connaissait tous les coins et certains, plus calmes que d'autres, qu'il préférait pour éviter les problèmes millénaires que posaient la présence d'une femme dans un milieu exclusivement masculin.

Tortuga... La belle Tortuga ! Il y avait toujours une foule nerveuse et agitée, de jour, comme de nuit. Le prêteur sur gage était devenu habile dans l'art d'éviter les corps qui se projetaient devant lui et pour éviter les bousculades trop violentes. Un homme se traîna devant leur pied, après avoir été brutalement cogné par un congénère. Scène familière. Oswald retenu Alice contre lui pour lui éviter d'être emporté par le malheureux puis l'enjamba sans y prêter plus d'attention. Il se pencha alors sur elle, ouvrit la bouche et esquissa le début d'une conversation. Mais de vagues souvenirs vinrent perturber le raisonnement d'Oswald, une demi-seconde où son regard s'attarda sur son visage. Une chevelure qui se renverse. Une jupe qui se soulève. Un rire insolent. Il se rappela de son accroche d'un léger sourire.

Les attitudes du vieil homme étaient comme un mouvement marin. Faites d'accalmies et de grands éclats soudains. De petits gestes de la main et de larges haussements des bras. Il se posait parfois comme un piquet sur le sol, droit comme un lord et paisible comme une vache sacrée pour ensuite entraîner tout son corps dans une gaieté inattendue, une valse vulgaire.

Oh,c'était il y a... Son bras se leva pour illustrer le temps qui passe, tendu vers l'arrière. Fort longtemps ! Vous n'étiez sûrement même pas encore née ! Il la pointait du doigt comme on gronde un enfant mais ses yeux lui lançaient toujours des regards complices. Il y a bien... Vingt ans de ça. Sur un trèèèès vieux navire qui grinçait tellement que j'en faisais des cauchemars, lorsque je posai pied à terre. Décrivait-il, la main toujours aussi dansante. C'était une vieille carcasse, un rafiot bon à être désossé... d'un geste soudain, il toucha son épaule du bout du doigt. Mais je vous en raconterai d'avantage tout à l'heure !

Il apercevait l'établissement et le désigna à l'intention de sa jeune accompagnatrice. Si la nuit tremblait toujours au son des cris, de la musique et des ivrognerie, le jour comptait aussi son quota de pilier de bar qu'on pouvait retrouver à toute heure et tous les jours. Une vague musique paysanne chantait au loin et Oswald tira le bras d'Alice avant d'entrer, quand un homme se fit expulser de l'établissement en claquant la porte.
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