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I'm a damsel, I'm in distress, I can handle this, have a nice day | Nathaniel

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Jeu 14 Mai - 20:54
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Une fois par mois, Adalia se risquait hors de sa petite cabane douillette pour aller se ravitailler au marché de La Havane. Elle vivait seule, et pouvait certes se débrouiller avec les ressources qui étaient à sa disposition, mais elle ne pouvait pas vivre en totale autarcie. Certains éléments venaient à manquer inéluctablement et elle était bien obligée de les acheter. Avant de gagner la ville, elle avait emporté dans un petit sac en toile tous les bijoux et autres objets précieux qu’elle comptait échanger contre de l’argent. Elle était partie assez tôt, car elle savait bien que tous les gens de la ville se précipiteraient sur les denrées les plus désirées. Bande de vautours. Alors qu’il faisait à peine jour, Adalia descendait tranquillement le chemin qui la mènerait à l’orée de la jungle, à quelques kilomètres du mur d’enceinte de la ville. La chaleur du soleil était déjà étouffante, bien qu’il ne fût pas très haut dans le ciel. Marchant à une allure soutenue, la prêtresse sentait les gouttes de sueur perler sur son front tandis qu’elle passait la porte pour s’engouffrer dans les rues animées de La Havane.

En premier lieu, elle se rendit chez une vieille femme de sa connaissance qui acceptait toujours de lui acheter ses objets à un prix très honnête. Chose rare dans une telle société. Une fois en possession du précieux argent – la brune fit tinter les pièces dans son petit sac avec un sourire satisfait – elle se dirigea rapidement vers le marché qui venait tout juste d’ouvrir. Une grande agitation régnait déjà et Adalia ne se sentit pas très à l’aise dans toute cette foule. Elle s’était parfaitement habituée à sa solitude, qui lui plaisait bien plus que la compagnie de ses semblables. Se frayant bon gré mal gré un chemin dans la foule, à grand renfort de « pardon, excusez-moi, aïe pardon, j’aimerais passer, merci, pardon » tout en oubliant pas de traiter de crétin congénital tous ceux qui faisait comme si elle n’existait pas. Devant l’étal du maraicher, elle parcouru rapidement du regard les produits présents avant d’en demander leur prix.

- QUOI ? Mais c’est du vol en plein jour !
- Navré ma petite dame, les temps sont durs !

Grommelant dans son barbe (inexistante), Adalia sortit l’argent de sa bourse et le tendit au marchand, non sans penser qu’elle aurait totalement pu lui lancer une malédiction qui aurait duré 17 générations. Namého. Déambulant encore dans le marché, un peu plus sereinement cette fois (avec quand même la sensation de s’être fait arnaqué comme il faut), Adalia acheta quelques petites choses par-ci par-là, qui révéleraient certainement leur utilité plus tard. La jeune femme fut soudainement attirée par des cris d’oiseaux provenant d’un étal près de la jetée. Jouant des coudes dans la foule, elle s’approchant, subjugué par un magnifique perroquet aux couleurs resplendissantes. Le pauvre animal semblait dépérir dans sa cage et ne semblait même plus vouloir tenter de s’échapper de sa cage. Adalia eut un pincement au cœur, compatissant au sort de cette pauvre bête. S’avançant la tête haute, elle fit signe au marchand. Celui-ci avait un air patibulaire et Adalia remarqua tout de suite le regard lubrique qu’il jeta sur elle. Il semblait parler espagnol, aussi ne serait-elle pas obligée de dégainer son anglais très correct mais au fort accent. Serrant les poings de colère et tentant de ne pas vomir son petit déjeuner aux pieds de cet homme, elle prit sa voix la plus glaciale.

- Combien pour cette pauvre bête qui mériterait un traitement bien meilleur.
- Aaah, c’est trop cher pour vous ma jolie. Mais si vous voulez vraiment cet oiseau, on peut toujours s’arranger… à l’amiable.

Fronçant les sourcils, Adalia ouvrit la bouche et grimaça de dégout. L’homme cracha par terre, visiblement peu satisfait de la réaction de la prêtresse. Prenant la mouche à la vitesse de l’éclair, il s’avança dangereusement vers la brune qui voulut lever la main pour exécuter son (faux) signe de malédiction. Un tel geste effrayait très souvent les simples d’esprit, qui voyaient tout de suite en elle une sorcière. Seulement, elle n’eut pas le temps de la faire, qu’une grande silhouette passa devant elle pour s’interposer. Adalia se sentit agacée, elle aussi. Maintenant qu’elle était sur le point de bien rigoler, il fallait qu’on la prive de son plaisir.
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Sam 16 Mai - 19:40
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Nice to meet you, sweetheart


Il retira ses pieds étendus de la table et y déposa son gobelet, feu de rhum, avant d'y jeter négligemment les trois piécettes qui réglaient son addition. Le type du comptoir ne pouvait plus qu'espérer être plus rapide pour les récupérer que les ivrognes, dont les yeux avaient chacun choisi une direction différente, installés non loin. Il s'empara de son sac de jute et sortit de la taverne crasseuse, un bras levé au-dessus de son visage afin d'éviter la morsure d'un astre rancunier, lui qui ne pouvait profiter des embruns de l'océan.

Une journée de plus sous le soleil de La Havane.

Voilà déjà deux semaines que Nathaniel avait posé le pied sur les planches à demies vermoulues du port de Cuba. Voilà déjà deux semaines qu'il aurait du repartir.

Malheureusement, bien qu'y repenser fasse apparaître un large sourire sur son visage d'ange, il avait du se montrer discret après ses déboires à bord du Seahammer. Mais c'était tellement tentant. Et facile. Depuis, il n'avait pas vraiment cherché à se mettre en avant, mais il allait devoir se bouger un peu s'il désirait quitter ce caillou brûlant.


Bon, direction le marché, peut-être que j'y trouverai mieux
que la dernière fois, soit : autre choses que des catins qui racolent et des bonimenteurs qui ne cherchent qu'à vous soutirer la moindre de vos richesses...

Le jeune homme se promena à travers les diverses ruelles de la ville portuaire, esquivant ici des gamins qui cavalaient en criant, évitant là un type au regard apeuré et aux mains tremblantes qui traversait une fenêtre, suivi de près par un autre au regard bien plus déterminé et la bave aux lèvres. Il remercia de quelques mots doux, bien qu'il n'en pensait rien - son esprit étant déjà parti bien au-delà de si basses actions -  les excentriques courtisanes à la peau hâlée qui lui accrochèrent le bras et levèrent le verbe afin qu'il leur lève la jambe, puis arriva enfin sur la place du marché. L'ambiance sonore et olfactive en était une preuve évidente.

Nathaniel erra plusieurs minutes, vaquant d'étal en étal, jetant un regard désintéressé sur la majorité des marchandises proposées, se concentrant davantage sur les bribes de discussion qu'il parvenait à intercepter ça et là. Mais il ne capta rien d'intéressant. Personnes n'était en recherche de membre d'équipage supplémentaire. A ce rythme là, il allait devoir voyager en passager, ce qui ne l'arrangeait pas au vu de ce qu'il lui restait de sa dernière solde. Il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même, la veille, il avait perdu énormément au Perudo, ce jeux de mise et de bluff ouùchacun cache son jet de dé sous un gobelet et essaie d'estimer combien de dés de telles ou telles valeurs sont en jeu. Il était persuadé que le type à la cicatrice avait triché. On ne pouvait pas tomber si près du pari parfait autant de fois. Il faudra qu'il se renseigne sur ce gars.

Toujours plongé dans ses pensées, il s'arrêta devant un étalage de bric et de broc, son regard avait été attiré par une boîte de dés. Avec de la chance, ils étaient pipés et il pourrait se refaire en peu de temps. Ce serait l'idéal pour quitter cette île au plus vite.


Et plus vite, je les aurai, plus vite je me tirerai pour ne plus
entendre les cris stridents de cet oiseau de malheur. Que quelqu'un le libère, que l'on soit enfin tranquille !

Cet animal était un véritable calvaire auditif. Se penchant légèrement, comme si cela suffisait à éclipser les piaillements du perroquet, il s'avança rapidement vers son objet de convoitise. Mais à peine avait-il engagé le mouvement de son bras qu'il heurta de part et d'autre de ses épaules le vendeur aux airs de forbans en maraude ainsi qu'une jeune femme brune, à la mine véxée. Il jeta un coup d'oeil à l'un puis à l'autre avant de comprendre qu'ils étaient en affaire avant son arrivée et, qu'a priori, la demoiselle ne souhaitait pas payer comme le désirait – peut-être un peu trop ardemment - le soi-disant marchand.

Il s'écarta doucement du milieu avec un sourire malicieux.

« Oups, pardon... Je dérange peut-être ? »


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Dim 17 Mai - 16:38
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Il semblait à Adalia que de nos jours, les gens avaient tendance à se mêler un peu trop des affaires des autres. Alors peut-être que l’homme qui venait d’interrompre les négociations ne l’avait pas fait exprès et était un peu dans la lune ou bien peut-être que justement, il l’avait fait exprès pour une raison quelconque, mais dans les deux gars, cela agaçait beaucoup la prêtresse. Les hommes, quelle plaie ! Soupirant bruyamment, elle se positionna droite comme un i, les poings sur les hanches, essayant de prendre son air le plus menaçant possible. Bon, quand on faisait 1 mètre 66, c’était un petit peu difficile de paraître impressionnant, mais Adalia avait – comme disent les jeunes – le regard qui tue.

Le sourire narquois et le ton léger du jeune homme acheva d’énerver la brune, qui secoua la tête d’un air impatient. S’il dérangeait ? Non mais quel malandrin ! Adalia lui aurait mis un coup de pied dans le tibia pour lui donner une bonne leçon, mais elle avait plus important à faire avant de s’occuper de son cas. La prêtresse lui jeta un regard noir avant de se désintéresser de lui et de reprendre sa petite affaire avec ce charlatan de vendeur d’oiseaux. Ce dernier la regardait avec un air de taureau furieux. Si cela avait été possible, certainement que de la fumée serait sortie de ses oreilles. Il avait le visage rouge et ruisselant de sueur, les poings serrés. Il n’impressionnait pas le moins du monde la brune, qui avait eu affaire avec des hommes bien plus coriaces que lui. Elle pensait notamment à ce Gabriel Montgomery qu’elle avait rencontré deux ans auparavant, qui sous ses airs de gentleman s’avérait n’être qu’une brute épaisse. Inspirant un grand coup, elle n’allait certainement pas se faire marcher sur les pieds par un homme aussi répugnant.

- Alors écoutez-moi bien, vous allez m’offrir très gracieusement cet oiseau, n’est-ce pas ? Sinon je peux vous assurez que la malédiction que je lancerais sur vous et votre famille durera 5 générations. Et elle sera très douloureuse.

Les passants alentours semblaient épier leur conversation, ce qui rendait le marchand très mal à l’aise. Adalia, elle, s’en fichait éperdument. Même si elle venait de dévoiler sans grande subtilité sa qualité de prêtresse. Mais peu de gens pouvait faire la différence entre ça et une sorcière. Aussi jouait-t-elle sur la terreur qu’elle pouvait insuffler. Elle était assez maligne pour ne pas se faire attraper par les gardes et pouvait user de son charme au cas où. Le marchand se tordait les mains, ne sachant visiblement pas quoi faire. La prêtresse se mit à sourire, toujours surprise de l’effet que ses menaces – même légères – avaient sur les gens. Après quelques instants d’attente, dans une ambiance tendue, le vendeur craqua. Fébrilement, il ouvrit la cage et l’oiseau s’envola presque immédiatement. La prêtresse le regarda s’en aller vers les montagnes, et elle ne douta pas un seul instant qu’elle allait bientôt revoir cet animal.

- Eh bien voilà, ce n’est pas si compliqué ! Vous n’auriez jamais vendu ce pauvre animal de toute façon !

Le vendeur ouvrit la bouche pour répliquer, mais la prêtresse le fit taire en un regard et il s’en alla sans demander son reste. Qui a dit que les femmes étaient le sexe faible. Non mais. Satisfaite, mais remontée comme un coucou suisse, Adalia avait presque oublié la présence de l’intrus qui était venu perturber son affaire. Se retournant, elle manqua de sursauter puis poussa une exclamation.

- Ah, vous ! J’avais presque oublié que vous étiez là, tiens… Enfin, je ne sais pas quelle éducation vous avez reçu, monsieur – elle insista sur ce mot en enfonçant un index menaçant dans la poitrine de l’homme – mais ici, on se mêle de ses affaires.

Son accent espagnol était perceptible, mais dans l’ensemble, elle savait parler un anglais très correct. C’était assez facile de deviner la nationalité des étrangers et ce type n’avait clairement pas le faciès d’un cubain (ou alors, il y avait quelque mystère là-dessous). Le sourcil levé, elle examina le jeune homme en face d’elle des pieds à la tête. Il n’était pas désagréable à regarder, pour quelqu’un de son sexe, mais cela n’empêchait pas Adalia de ne ressentir aucune sympathie pour lui.

- Enfin, au moins vous n’avez pas tenté de jouer les sauveurs, c’est déjà bien, ironisa la brune, un sourire aux lèvres.
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Dim 17 Mai - 18:30
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Thanx for money, dude !


Nathaniel avait observé la scène d'un regard amusé. Autour d'eux, les passants s'agglutinaient pour observer la scène et chacun donnait à son voisin son avis sur le résultat. Un nouvel arrivant se posta à côté du marin et lui demanda une explication sur l’évènement, que Nath lui donna négligemment tandis qu'une petite idée commençait à germer au fond de son crâne.

« La donzelle n'a aucune chance face à lui. »

Avec ces mots, le type venait de confirmer ce à quoi pensait Nathaniel depuis plusieurs minutes. Jouant de ces talents d'acteur, il fit mine de réfléchir quelques instants avant de se pencher discrètement vers son voisin et de lui glisser doucement :

« Je mise 3 réals sur la petite excitée. »

Le gars le regarda avec des yeux de mérou avant de s'esclaffer et d'affirmer qu'il tenait le pari. Et en quelques secondes à peine, les paris avaient traversé tout le groupe d'observateur mais peu d'entre eux suivaient Nath, les autres étant persuadés de la supériorité du marchand.

« Alors écoutez-moi bien, vous allez m’offrir très gracieusement cet oiseau, n’est-ce pas ? Sinon je peux vous assurez que la malédiction que je lancerais sur vous et votre famille durera 5 générations. Et elle sera très douloureuse. »

Le petit bout de femme ne s'était pas laissé démonter – au sens figuré comme littéral – et le type avait perdu sa virilité et son assurance de mâle en quelques secondes. Désormais, le propriétaire du perroquet aussi criard que ses couleurs s'affaissait sur lui-même et ressemblait de plus en plus à une mouette galeuse de vingt ans qui venait de se faire bombarder par un galion entier. Ses yeux fuyants se posèrent même quelques instants sur Nath mais ce dernier ne lui renvoya qu'un regard acéré et un sourire qui en disait long sur sa volonté de ne pas intervenir et de le laisser s'embourber dans le fumier dans lequel il avait sauté à pieds joints avec un enthousiasme trop évident. Il en était de même  pour les autres personnes présentes, leurs paris leur interdisant une quelconque intervention. Leurs regards appuyés dans l'attente d'une réaction de la part du vendeur étaient un soutien sur lequel comptait Nath pour assurer la victoire de la petite brune. Et donc son renflouement financier.

Et le type craqua. Nathaniel était ravi.

Il libéra l'oiseau qui s'envola tandis que la jeune femme faisait la leçon à ce qu'il restait de l'homme qu'elle avait devant elle. De son côté, le jeune anglais récupérait ses gains en affichant un sourire vexant aux perdants grommellants tandis que le peuple se dispersait. Il se retourna vers la jeune femme au moment même où elle s'adressait à lui, l'air passablement désappointé.

« Ah, vous ! J’avais presque oublié que vous étiez là, tiens… Enfin, je ne sais pas quelle éducation vous avez reçu, monsieur – elle insista sur ce mot en enfonçant un index menaçant dans la poitrine de l’homme – mais ici, on se mêle de ses affaires. »

Elle le toisa tout en l'observant de haut en bas, comme un esclavagiste détaillerai du bétail humain avant de l'acheter. Son regard condescendant ne gênait pas Nathaniel, qui, en plus de son éducation, n'était pas du genre macho. Par contre, il avait un pacte avec le démon du jeu. Un pacte qui lui ordonnait de tenter d'entrer en contact avec cette autochtone sans se faire maudire sur vingt générations. A condition qu'elle en soit capable, mais si c'était vraiment le cas, cela rajouterai du piment au jeu.

« Enfin, au moins vous n’avez pas tentez de jouer les sauveurs, c’est déjà bien. »

Nathaniel lui rendit son petit sourire en coin en lui répondant :

« Eh bien, mademoiselle, insista-t-il à son tour en se penchant doucement vers elle comme une révérence exagérée, il ne m'a, à aucun moment, semblé que vous ayez besoin d'une quelconque aide. Et j'ose croire que, même si le besoin s'en était fait sentir, vous auriez détesté que quelqu'un intervienne en votre sens. »

La jeune femme avait commencé à avancer à nouveau au sein du marché et Nath l'accompagnait naturellement en lui parlant puis, sans prévenir, il lui saisit une main et y fit glisser quelques réals tout en continuant de papoter :

« Voilà votre part sur ce que vous m'avez fait gagner en faisant libérer le piaf, merci beaucoup d'ailleurs. Si jamais vous avez dans l'idée de continuer ce genre de déboires à d'autres étals, je serai ravi de vous accompagner encore et encore. »

Armé de son petit sourire malicieux, Nathaniel se doutait qu'il devait agacer la petite brune mais cela faisait partie du jeu.

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Jeu 21 Mai - 15:13
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L’agitation qui régnait dans le marché après la petite incartade de la jeune prêtresse avait rendu l’ambiance électrique. Adalia était en ébullition, même si la pression commençait à retomber légèrement. Elle ne s’était même pas rendu compte qu’elle s’était mise à déambuler dans le marché, l’homme inconnu marchant à côté d’elle. Elle ne s’était pas aperçue des petits paris qui avaient circulés dans son dos pendant qu’elle donnait une bonne leçon à ce voleur de marchand. Et heureusement d’ailleurs, cela l’aurait énervée deux fois plus. La jeune femme ne comprenait pas cet attrait pour les jeux d’argents. Cela ne faisait qu’empoisonner les esprits et les hommes qui s’adonnaient à ce genre de passe-temps étaient à ses yeux encore plus stupides que les autres. Lorsqu’elle s’était tournée à nouveau vers le jeune homme pour le sermonner, celui-ci s’inclina face à elle avec un petit sourire moqueur. La brune fronça les sourcils, peu satisfaite de ce comportement. Elle n’était pas habituée à cela à vrai dire et elle se demandait si l’homme se fichait d’elle.

La prêtresse haussa un sourcil avec un demi-sourire. Il semblait avec du plomb dans la cervelle celui-là, vu l’analyse qu’il avait su faire de la situation. Adalia ne l’admettrait jamais, même sous la torture, mais cet homme lui paraissait sympathique. Elle se gifla mentalement et cligna des yeux plusieurs fois. Il ne fallait pas qu’elle se laisse berner par l’attitude doucereuse du jeune homme, elle connaissait bien trop la chanson. Mais la méfiance habituelle de la prêtresse semblait s’être quelque peu évaporée et sans dire un mot, elle continua à avancer dans le marché, prenant garde à ne pas se faire bousculer par tout le monde. Quelques personnes la dévisageait, certains avec une expression de peur dans les yeux. Adalia se mit à sourire plus franchement, satisfaite de l’effet qu’avait produit son petit manège. Au moins, les personnes qui avaient assistées à la scène de viendrait pas lui chercher des noises !

Soudain, la jeune femme sentit qu’on lui saisit la main. Elle sursauta, une expression furieuse sur le visage et se retourna vers le brun qui l’accompagnait toujours. La surprise succéda à la colère. Elle le croyait partit depuis belle lurette. Peut-être avait-il l’intention de lui tailler une bavette tout l’après-midi. Comme au ralenti, elle regarda le jeune homme fourrer quelques pièces dans la paume de sa main, comme si de rien n’était, tout en continuant de lui parler sur un ton détaché. Sa « part » ? Et comment ça « déboire » ? Il voulait mourir tout de suite ou quoi ? Serrant dans son poing les pièces, ses traits de tendirent et son expression devint glaciale.

- Je vous prie de ne pas me mêler à vos paris stupides. Comme je ne suis pas une idiote, j’accepte ma… part. Adalia grimaça de dégout tout en fourrant son butin dans sa petite bourse en tissu. Regardant l’homme droit dans les yeux, elle se rapprocha légèrement de lui, l’air menaçant (même si bon, elle faisait trois têtes de moins que lui). Et à l’avenir, évitez de m’insulter de la sorte. On ne sait jamais vous savez, un accident, ça arrive vite.

Toujours furibonde, Adalia sourit néanmoins d’un air mystérieux pour accompagner sa menace à peine voilée. L’homme le prendrait comme il le voudrait, bien sûr, et la jeune femme était certaine qu’il le prendrait à la légère C’est bien pour ça qu’elle n’avait déjà aucune estime pour lui. Mais peut-être pourrait-il la surprendre. La prêtresse en doutait fortement, et elle repartit sans ajouter un mot. Elle fit néanmoins signe au jeune homme de la suivre. Il l’agaçait au plus haut point, c’était un fait. Mais sans savoir pourquoi, Adalia était assez intriguée et même amusée, par cette situation. Elle n’avait pas grand-chose à faire de sa journée de toute façon, et elle n’allait pas risquer de perdre une bonne occasion de lancer une malédiction, si le jeune homme continuait de l’énerver de la sorte. Adalia le soupçonnait de voir leur rencontre comme un jeu. D’un côté, il était très facile de mettre Adalia dans un état d’agacement prononcé – en trois coups de cuillère à pot, l’affaire était réglée. Mais pour la mettre réellement en colère, cela demandait du temps, et mieux ne valait pas s’y risquer.

- Mis à part dépenser tout votre argent dans les jeux de hasard, qu’êtes-vous venu faire à La Havane monsieur… ? Lorsqu’il eut donné son nom, la prêtresse continua. Ce n’est pas un endroit très hospitalier pour un… étranger comme vous, renchérit-elle avec un large sourire qui sonnait faux. En tout cas, prenez garde aux enfants, s’ils vous inspirent la pitié, c’est pour mieux vous faire les poches.

Un petit rire moqueur franchit ses lèvres tandis qu’elle se postait à côté du jeune homme, le frôlant presque. Elle inspectait à présent des fruits exotiques venus du continent plus au sud, et qui n’incitaient pas la confiance.
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Lun 25 Mai - 0:39
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Cat and Mouse






« Je vous prie de ne pas me mêler à vos paris stupides. Comme je ne suis pas une idiote, j’accepte ma… part. Et à l’avenir, évitez de m’insulter de la sorte. On ne sait jamais vous savez, un accident, ça arrive vite. »

Voilà une jeune fille aux idées bien paradoxales. Elle semblait avoir des a priori bien définis sur les jeux d'argent sans pour autant pas rechigner à recevoir un dû des résultats des paris menés. En somme, elle avait quasiment tout de l'esprit d'un pirate. Mais Nathaniel allait bien se garder de prononcer à haute voix une telle réflexion. Certes, tout cela était un amusement mais la demoiselle était suffisamment portée sur la menace vaudou pour qu'il en résulte que ce soit la vérité. Aussi, le jeu venait de prendre une dimension légèrement plus létale. Mais il en fallait plus pour arrêter le jeune homme.

Après un petit sourire qu'il lui renvoya, à l'instar d'un signe de défi, elle tourna les talons et s'éloigna, l'enjoignant tout de même à la suivre et continuer leur petite ballade au sein du marché. De par ses jambes un peu plus longues, le pirate la rattrapa sans grande difficulté au bout de quelques pas et se cala à son rythme.

 « Mis à part dépenser tout votre argent dans les jeux de hasard, qu’êtes-vous venu faire à La Havane monsieur… ?

- « Monsieur » ? Et pourquoi pas « Lord » tant que nous y sommes ? Laissez tomber les formules de politesses et appelez-moi Nathaniel. »

En abandonnant sa terre natale il y a de nombreuses années, Nathaniel avait volontairement laissé derrière lui titres et propriétés du à son rang. Et il n'était pas prêt à en porter de nouveau. Cela dit, le « monsieur » était une marque de respect dans tout le monde connu mais si cela pouvait encore agacer un peu plus la jeune fille, il ne s'en priverai pas.

« Pour ce qui est de ma présence sur ce caillou, elle n'est que temporaire, si cela peut vous rassurer. J'étais justement en quête d'un éventuel Capitaine à la recherche de membre qu'équipage avant de tomber sur vous. »

« Ce n’est pas un endroit très hospitalier pour un… étranger comme vous, renchérit-elle avec un large sourire qui sonnait faux. En tout cas, prenez garde aux enfants, s’ils vous inspirent la pitié, c’est pour mieux vous faire les poches. »

Le jeune homme esquissa un sourire, se remémorant les petites mésaventures qu'il avait subit la première fois qu'il avait posé un pied sur une autre terre que le royaume d'Angleterre. Il était revenu, penaud et désœuvré à bord du navire sur lequel il travaillait, ayant été amicalement délesté de toute sa solde ainsi que des quelques affaires qu'il avait décidé d'emmener avec lui, un sac de jute et un petit veston de coton. Depuis, il s'était vengé de nombreuses fois, allégeant à son tour quelques idiots qui débarquaient pour la première fois.

« Ne vous en faites pas, j'ai été jeune moi aussi. Quand à mon statut d'étranger, j'en suis un quelque soit le lieu où je me trouve donc on finit par s'y habituer. »
dit-il en observant les étals aux alentours, sachant pertinemment que son interlocutrice se concentrait sur les étranges fruits à l'aspect douteux qui se trouvaient devant elle.

Un mouvement furtif attira son attention, en levant un peu le menton, il aperçut à quelques pas d'eux, le marchand au perroquet que la jeune file avait ridiculisé peu avant. Et il n'était pas seul. Il indiqua à une poignée de brutes la direction dans laquelle se trouvait Nathaniel et la petite brune avant de décamper dans l'autre sens.

Ce couard n'est pas assez idiot pour accompagner
ses gros bras. Dommage...

En prenant en compte le peuple qui se promenait sur le marché et le fait qu'il leur faudrait quelques secondes pour les identifier de manière certaine, Nathaniel estima que les cogneurs seraient sur eux d'ici deux petites minutes, un temps un peu juste mais suffisant pour s'éloigner et disparaître dans la foule. Il retourna, histoire de ne pas offrir son visage à ceux qui les recherchaient et se pencha doucement vers la jeune fille.

« Si je peux me permettre de vous déranger dans votre minutieuse observation ma demoiselle, nous allons avoir de la visite musclée d'ici une petite minute. Et vu que vous avez une propension à lancer des menaces de malédiction à tout va, je vous serai gré d'en faire usage sur nos futurs agresseurs ou de nous indiquer une judicieuse direction afin de les perdre au milieu du marché. »

D'un geste discret, il s'assura rapidement que son pistolet était chargé avant de rediriger son regard vers la jeune fille, attendant sa réponse.


© Jawilsia sur Never Utopia

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Sam 4 Juil - 21:26
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La jeune femme n’avait pas fait grand cas de la remarque de Nathaniel (puisque c’était son nom). Il ne voulait pas du « monsieur » très bien, pour Adalia, ça ne changeait rien du tout. Toujours dans son inspection des fruits exotiques, elle ne prenait pas garde à ce qu’il se passait sur le marché. La journée allait reprendre son cours normal, elle retournerait chez elle, tranquillement, sans que personne ne vienne lui casser les noisettes !

Elle écoutait très vaguement ce que le brun lui racontait se contentant de marmonner « hum hum intéressant » ou encore « oui, c’est évident ». Elle ne prit même pas la peine de le plaindre sur son statut d’étranger partout où il allait. Visiblement, c’était le genre d’homme à ne pas vouloir inspirer la pitié et qui savait se débrouiller vite et seul. Une qualité souvent appréciable, mais la jeune prêtresse n’avait pas l’intention de lui e trouver d’autres. Pour sa part, elle n’avait jamais quittée son île, mais le fait de vivre en solitaire la rendait étrangère en sa propre communauté. Et cela lui convenait. De toute manière, se mêler à la population était quelque chose qu’elle faisait le plus rarement possible. Adalia voyait bien ce que cela lui apportait de se mélanger à la foule : des problèmes. Et elle n’était pas tellement d’humeur ces derniers temps.

Plissant les yeux, Adalia se mit à chantonner doucement, complètement hermétique au monde extérieur. Pourtant, elle avait un mauvais pressentiment. Ce pressentiment ne tarda pas à se confirmer, lorsque Nathaniel se pencha vers elle, son souffle effleurant son oreille, ce qui la fit grimacer. Sa nature impulsive lui fit relever immédiatement la tête vers lui, pour lui lancer un regard noir.

- Vous croyez peut-être qu’on peut lancer des malédictions comme on lance un caillou sur quelqu’un ? Bien sûr que ce ne sont que des menaces, ces ignares sont suffisamment sots pour être effrayés.

A l’affût, la prêtresse parcouru rapidement du regard les étals pour trouver ce qu’elle espérait. Elle pouvait éventuellement faire quelque chose, de la poudre aux yeux. Jeter une malédiction sur quelqu’un prend généralement plus de temps et nécessite une préparation spécifique ainsi qu’un état d’esprit particulier. Bien qu’en colère et nerveuse, la prêtresse savait que ce n’était pas suffisant. Relevant un pan de son vêtement, elle dégaina un petit couteau qu’elle gardait en permanence pour se défendre, en cas de situation tendue. Saisissant Nathaniel par le bras, elle l’entraîna à sa suite, le maintenant serré contre elle.

- Jouez le jeu voulez-vous. Faites semblant de m’avoir dégoté quelque part pour m’emmener à la taverne, vous devez en avoir l’habitude.

Malgré le danger pesant sur eux, Adalia ne put s’empêcher d’afficher un sourire narquois. Les affreux cherchait certainement une petite brune solitaire, pas forcément accompagnée d’un grand gaillard à l’odeur plutôt suspecte. D’un pas vif, la jeune femme se dirigeait vers le botaniste, qui devait sans doute faire du trafic de plantes hallucinogènes. Cela ferait une diversion très efficace. Adalia connaissait bien les propriétés de ces différentes plantes, pour en consommer elle-même. Elle tourna rapidement la tête et renifla dédaigneusement. Les deux molosses l’avait repéré et fonçait à présent droit sur elle, bousculant sans vergogne les gens qui faisaient tranquillement leurs emplettes.

- Mettez-vous là. Comme ça je ne suis pas la première à prendre un coup.

Elle décocha à Nathaniel son plus beau sourire faussement innocent et se tourna vers le marchand, conversant rapidement en espagnol. Lui glissant quelques pièces dans la main, elle prit les herbes dont elle glissa quelques feuilles dans sa bouche, mâchant rapidement. De sa bourse, elle sortit une pierre à feu et commença à la frotter vigoureusement. L’effet de la plante qu’elle mâchait commençait à faire rapidement son effet et des points blancs apparurent rapidement devant ses yeux. Une douce sensation d’euphorie la gagna et l’angoisse qui la consumait depuis le début de la poursuite se dissipait.

Se retournant avec une rapidité surprenante, elle alla au devant du danger, sans craindre quoi que ce fut. Dans sa main, les plantes qu’elle venaient d’obtenir brûlaient doucement, dégageant une fumée dense et qui allait bientôt faire voir des éléphants roses à toutes les personnes présentes dans un rayon de 3 mètres à la ronde. La drogue faisant son effet, la brune ne sentait pas le feu entamer la peau de sa main. Elle était devenue insensible à la douleur et à la peur. Les deux cerbères étaient maintenant suffisamment proches pour que la fumée leur pique les yeux et ils se mirent à tousser. Adalia sourit fugacement, restant silencieuse et attendant patiemment que la drogue prenne possession de leur esprit. Oh bien sûr, ils allaient encore pouvoir lui refaire le portrait mais ils seraient bien plus lents que d’ordinaire, un peu comme des tortues.

Adalia se fichait bien du sort de son compagnon du moment. De toute manière, elle était à présent complètement perchée et c’est maintenant qu’elle pouvait sortir le grand jeu. Tout le monde la prendrait certainement pour une aliénée (et ils auront raison). Dans son esprit embrumé, elle cherchait rapidement ce qu’elle pouvait sortir comme phrase théâtrale pour ficher les miquettes à ses adversaires. Intérieurement elle jubilait, la prêtresse était assez exubérante pour apprécier de se donner de la sorte en spectacle.

- La déesse m’en soit témoin, vous êtes à présent sous son pouvoir. Bien que sur le point d’éclater de rire, la prêtresse resta sérieuse à la mention de la déesse qu’elle servait. Elle ne voulait pas tellement s’en attirer les foudres. J’ai attiré sur vous la maladie et l’effroi !
- Hubert, je me sens pas bien.
- Ferme-la, le patron nous a dit de lui ramener la pétasse, alors on le fait. C’est rien qu’une sorcière.
- Je vais vomir Hubert, bleuarrrgh.
(oui, j’imite très bien le bruit du vomi).

Adalia se mordit la lèvre jusqu’au sang mais finit par éclater de rire. Un rire un peu dément mais tellement vrai. Elle était partie dans un très grand trip, ne se souciant même pas de ce qui pouvait lui arriver. Peut-être même que Nathaniel en avait profité pour se faire la malle tiens.
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Ven 10 Juil - 17:46
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I'm a pink fluffy unicorn






La demoiselle était impulsive, aucun doute là-dessus. Sa réponse ne se fit pas attendre. Même si ce n'était pas vraiment ce qu'espérait Nathaniel qui soupira de dépit lorsqu'elle maugréa qu'elle ne pouvait pas lancer de malédictions comme ça, sans prendre de temps pour se préparer et tout le tralala. Et pourquoi pas un sofa avec danseur et rafraîchissement pour être sûr que tout se passe bien ?

Les donzelles, je vous jure...

Nath n'eut pas le temps de penser plus de mal, Adalia avait sorti une petite lame d'on ne sait où - sûrement une cachette de femme - et l'entraînait à travers la foule compacte du marché en le tirant par un bras.

« Jouez le jeu voulez-vous. Faites semblant de m’avoir dégoté quelque part pour m’emmener à la taverne, vous devez en avoir l’habitude. »

Le pirate ne put refréner un sourire imbécile en entendant cette remarque tout à fait judicieuse. Et entièrement vraie. Mais il savait tout de même se tenir en compagnie féminine, on ne perd pas son éducation si facilement. Et si la remarque ne le gênait absolument pas, il tenait tout de même à faire savoir à la petite brune qu'il n'était pas naturellement tel que le rôle qu'elle voulait lui faire jouer. Pas tout le temps, du moins.

« Je tiens tout de même à vous signaler que j'ai eu une éducation de lord angl... »

Le temps de prononcer ses mots, elle s'était arrêté devant un étal rempli de fleurs coupées, séchées, pilées, broyées, bref, martyrisées sans raisons apparentes. Elle posa Nathaniel comme l'on rangeait un objet quelconque.

« Mettez-vous là. Comme ça je ne suis pas la première à prendre un coup. »

« Ca marche ! »
répondit-il manu militari avant d'enregistrer ce qu'elle venait de dire.
« Euh... Attendez... »

Mais elle avait déjà détourné le regard, s'affairant avec le marchand. Nathaniel entreprit alors d'observer les deux gaillards qui les traquaient. Par chance, leur tête ridicule sur leur corps énormes étaient aisément repérables au milieu des badauds qui vaquaient au sein du marché. Par malchance, ils n'étaient plus très loin. Il devenait plus qu'urgent de déguerpir ou de se débarrasser d'eux. La première option étant certainement la plus simple et la plus rapide.

« Je suggère que... »
commença-t-il en tournant son regard vers la prêtresse.

Elle fonça vers eux l'air déterminée.

Foutue bordelière...

Il était trop tard pour la retenir, le petit morceau de femme s'était tanquée devant les deux zigotos et commençait un étonnant manège. De ses mains s'échappait une épaisse fumée. D'ailleurs, Nathaniel se sentit étrangement léger et serein au bout de quelques instants, chose à laquelle il ne s'attendait pas au vue de la menace qui pesait actuellement sur sa personne et sur Adalia. Lorsque les deux guignols se mirent à tousser, le pirate eut enfin le réflexe de masquer son visage avec un foulard qu'il venait de tremper dans un baril de flotte. L'air passablement fatigué, il se rapprocha de la sorcière en tanguant comme un bâtiment à l'abandon au milieu des flots.

Adalia commença à psalmodier mais Nathaniel n'était plus vraiment en état de comprendre la moindre bribe. Tout ce qu'il entendait, c'était un bourdonnement sourd ponctué de grincements de porte tout à fait agaçants. Le tout entouré d'étranges formes humanoïdes brumeuses de couleurs diverses et variées - le tout pour un rendu plutôt original - qui semblaient couler sur elles-mêmes comme des fontaines. Se concentrant sur la jeune femme, il parvenait encore à la distinguer parmi les spectres dégoulinants qui l'encerclait.

Elle se marrait. Elle avait défoncé la moitié du marché avec ses herbes mystiques et elle se marrait. Nathaniel hésita quelques secondes, même si cela lui parut une éternité de réflexion, entre l'assommer et se tirer ou l'assommer et l'embarquer sur l'épaule pour filer ensuite. La seconde option était certainement la plus judicieuse pour un esprit avisé. Sauf que dans le cas présent, son esprit n'était pas du tout avisé. Juste fracassé. S'il était dans cet état alors qu'il avait rapidement pris soin de protéger son visage de la fumée toxique, il n'imaginait même pas  dans quelle mélasse spongieuse étaient les cerveaux des autres personnes présentes sur la baie à ce moment précis.

Il empoigna un bras de la demoiselle et prit la direction, approximativement et théoriquement, opposée à celle où se trouvait les deux guignols qui les pourchassaient. Il donna quand même un coup de latte gratuit à celui qui semblait vomir une espèce de nuage de perles aux couleurs verdâtres bien que chatoyantes.

Titubant à travers des ruelles difformes aux parois molles, il parvint à rejoindre une petite place peu fréquentée à l'orée de la forêt, au pied des collines. Une petite fontaine trônait en son centre et il n'hésita pas à y plonger la tête la première pour se libérer au maximum du poison qui lui pourrissait l'esprit. Une fois extrait, un petit regard et un sourire mesquin plus tard, il envoya la prêtresse toute entière - qui se marrait encore entre deux délires - dans la flotte, histoire de la faire redescendre un peu, elle aussi. Lorsqu'elle en ressortie, apparemment un peu plus présente que ces dernières minutes, il lui tendit son sac, qu'il avait eut, curieusement, la présence d'esprit de ne pas jeter à l'eau avec la jeune femme et, dégoulinant, s'assit sur le rebord de la fontaine de pierre.

« Rappelez-moi de ne plus jamais vous demander de lancer une malédiction. Surtout quand elle vise la moitié d'un quartier, la sorcière incluse... »

Il se releva et tendit une main à la prêtresse pour l'aider à se sortir du bassin.

« Et euh... Navré pour le bain, je crois que l'on en avait besoin, vous comme moi. »

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Mar 14 Juil - 15:06
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La situation était tellement hilarante pour Adalia qu’elle en avait mal au ventre. Elle était limite sur le point de s’écrouler par terre tellement elle riait. Mais pour le moment, elle essayait de garder le peu de dignité qui lui restait, et se contentait de rire aux larmes. Toutes les personnes présentes autour semblaient touchées par la fumée toxique, et un des marchands sauta du haut d’une table en beuglant « I believe I can fly », en pensant qu’il arriverait à voler. La prêtresse ne le remarqua même pas, trop occupée à observer ses deux victimes à travers le brouillard de larmes et de fumée. La chair de sa main dégageait une horrible odeur de cochon brûlé, et par réflexe, elle lâcha les restes de plantes calcinées. Elle avait complètement oublié ce qu’elle était venue faire ce matin même au marché, et les badauds qui étaient assez loin de la scène, regardaient le spectacle avec désapprobation. La prêtresse entendit comme un murmure autour d’elle, une sorte de bourdonnement qui la mit tout d’un coup mal à l’aise. Le danger n’était pas encore passé, et il fallait à présent se tailler d’ici au plus vite. A peine eu-t-elle le temps de se retourner, qu’elle sentit qu’on l’empoignait par le bras pour la tirer hors de ce bourbier.

- Très judicieux, mais tu sais maman, je suis grande maintenant.

Complètement stone, la prêtresse n’avait qu’une notion vague de la réalité. Du sang gouttait le long de sa main, laissant des traces d’un rouge carmin sur le sol poussiéreux de La Havane. Elle ne s’en souciait pas pour le moment. La douleur aurait le temps de faire son chemin jusqu’à son cerveau embrumé, et ce serait certainement à ce moment-là qu’elle maudirait ses idées parfois stupides. Comme une bonne petite fille, elle se laissa guider à travers les ruelles tout en continuant de se fendre la poire. Elle lançait des saluts joyeux aux passants ébahis par un tel comportement. L’odeur caractéristique de la forêt parvint à ses narines, et la prêtresse se sentit tout de suite apaisée. Son corps était encore secoué d’un rire nerveux, et les larmes de joie qui avaient coulées le long de ses joues avaient laissé des traces humides. Elle poussa un grand soupir et s’apprêta à s’asseoir par terre, lorsqu’elle se sentit projeter en avant. L’eau glacée du bassin eut au moins pour effet de la sortir de sa torpeur. Elle batailla un instant sous l’eau pour retrouver son équilibre, et finit par pouvoir s’asseoir en tailleur dans la flotte, les cheveux hirsutes et dégoulinants. Adalia crachota quelques instants l’eau qu’elle avait avalée par mégarde, et leva les yeux vers le malandrin qui avait osé la jeter sans la fontaine.

- Oh tiens, c’est vous !

Franchement étonnée, la prêtresse adressa un Nathaniel un regard surpris, avant de hausser les épaules. Bizarrement, elle n’était pas en colère contre lui. Les effets de la drogue se dissipaient petit à petit, permettant à la jeune femme de retrouver ses esprits. Toujours assise dans le bassin, elle se mit à essorer ses cheveux, avant que la douleur dans sa main ne lui rappelle ses facéties.

- Hum, oui. C’était une idée quelque peu stupide mais efficace. Elle regarda sa main droite calcinée avec une moue dégoutée. La prochaine fois, vous prendrez garde à ce que vous me demandez. Et évitez donc de me traiter de sorcière, avec ma main dans cet état, je suis dans l’incapacité de vous gifler.

Attrapant la main que lui tendit le jeune homme, elle se releva non sans effort pour s’asseoir à son tour sur le rebord de la fontaine. Elle récupéra son sac avec un discret « merci » pour Nathaniel, surprise qu’il ait eu la présence d’esprit de prendre avec lui, sans même fouiner dedans. La place était calme, à l’abri du brouhaha de la ville qui s’étendait plus loin. Adalia exécuta une tresse sommaire avec ses cheveux, pour éviter d’avoir de l’eau qui lui dégouline partout dans les yeux et dans le dos. Un sourire amusa passa sur ses lèvres lorsqu’elle entendit Nathaniel s’excuser piteusement. Tournant la tête vers lui, elle planta son regard dans le sien.

- J’en avais besoin pour reprendre mes esprits… et vous pour l’odeur.

Elle lui adressa un clin d’œil taquin avant d’examiner à nouveau sa main. L’eau n’avait pas entièrement stoppé l’hémorragie, mais avait fait partir les cendres et ça n’avait plus l’air si grave que cela. Il lui faudrait cependant désinfecter si elle ne voulait pas chopper la gangrène. Sans aucune gêne, elle poussa un long soupir et appuya sa tête contre l’épaule du jeune homme, et lui montra sa main brûlée.

- Regardez comme c’est moche. Vous n’avez pas des compétences en soin j’imagine ? Enfin, au moins vous êtes réactif lorsqu’il s’agit de fuir.

Elle lui jeta un coup d’œil malicieux, espérant qu’il comprenne qu’il ne s’agissait en rien d’une insulte. Il fallait pas mal de jugeote pour déterminer le moment où il était temps de quitter une baston. En réalité, Adalia était plutôt reconnaissante envers le brun, même si elle préférerait se faire amputer de la main que de l’avouer. Elle espérait également qu’il ne s’attendait pas à quelque faveur de sa part pour les avoir tirer de là. Peut-être la prenait-il déjà un peu plus au sérieux à présent.

- Alors, monsieur, repris la jeune femme en insistant sur le dernier mot de manière joueuse. Je vous ai entendu fanfaronner à propos de votre éducation de lord anglais, figurez-vous. Elle pouffa de rire en imaginant Nathaniel droit comme un i, prenant des leçons sur les bonnes manières. Et comme je suis curieuse, il va falloir tout me raconter à présent.

La prêtresse ne savait pas trop pourquoi, mais elle n’avait pas tout de suite envie de mettre un terme à cette rencontre. Ils avaient après tout frôlés la catastrophe tous les deux, et puis le jeune homme ne s’était pas défilé face au danger, et a eu le cran de rester avec elle, alors qu’il aurait pu se tirer vite fait (parce que hé, rien de tout ça ne le concernait, à la base).

- C’est sans doute pour ça que vous être venu mettre votre grain de sel dans cette histoire. Aider une pauvre femme en détresse telle que moi.

Prenant son grand air de tragédienne, Adalia porta sa main brûlée à son front et fit semblant de s’évanouir dans les bras de son interlocuteur. Puis elle ouvrit un œil et se mit à rire, sans pour autant changer de position. Certainement que la drogue faisait encore son effet.

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Mer 15 Juil - 0:53
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Nathéo & Adaliette






Nathaniel enregistra  immédiatement l'information que venait de lui donner la prêtresse, notant dans un coin de sa tête de ne la traiter à nouveau de sorcière que lorsqu'elle aurait les mains blessées pour éviter les baffes maudites. Il s'imagina que cela devait aussi fonctionner si elle les avait attachées. Diverse images s'invitèrent dans son esprit. Certaines l'amusèrent, d'autres, plus explicites, le... Hem, bref. De quelques clignements de paupières, il les rangea dans un coin, se promettant de les ressortir lorsqu'il serait seul ou en une compagnie moins agréable.

Adalia se saisit de la main que lui tendait le pirate pour s'installer à son tour, non sans manquer de s'affaler à nouveau dans la flotte, sur le rebords de pierre de la fontaine. Son regard, s'il n'était pas revenu tel qu'il était lors de sa rencontre avec Nathaniel, semblait tout de même un peu plus présent. Un peu plus clair. Et nettement moins dément.

Il observa, avec un amusement non dissimulé, la jeune femme essayer de reconnecter ses synapses restants au moyen d'une tresse avec ses cheveux ruisselants. Elle ne fit pas grand état du fait qu'il l'avait bazardé comme un vieux sac dans la fontaine, le remerciant même en lui avouant qu'il en avait tous deux besoin.

Mon odeur ? Je ne vois pas ce que... Hum... Certes.

Il était loin d'être faux que Nathaniel, depuis son arrivée quelques jours plus tôt, avait négligemment profité des restes de sa dernière solde pour savourer les divers plaisirs qu'offrait la ville. L'alcool, le jeu, la pêche un peu aussi. Et les femmes, évidemment. Nul doute qu'il devait encore porter sur lui quelques effluves de... Nul doute qu'il devait puer le vice, quel qu'il soit, avant ce bain improvisé mais providentiel.

A priori plus à l'aise avec lui et son odeur, elle déposa négligemment sa tête contre l'épaule de Nathaniel. Le geste le surpris mais il sourit, se demandant tout de même à quoi devait ressembler la jeune femme lorsqu'elle s'amusait avec ce genre d'herbes exotiques sans personnes sur qui se reposer ensuite. Il ricana intérieurement en l'imaginant déambuler comme une princesse, à moitié nue, au milieu des champs de l'île en chantonnant innocemment et en affirmant à qui voulait l'entendre, et notamment aux végétaux auxquels elle s'adressait, qu'elle était escortée par une armée de biscottes en uniforme de la Marine Royale. Aucune raison de la trouver étrange.

Elle lui montra sa paume brûlée, le regard dépité comme une enfant devant le résultat d'une nouvelle bêtise.

« Regardez comme c’est moche. Vous n’avez pas des compétences en soin j’imagine ? Enfin, au moins vous êtes réactif lorsqu’il s’agit de fuir. »

Nathaniel n'hésita pas une seconde entre s'esclaffer et prendre la mouche. Il partit d'un rire sincère, se libérant au passage de la pression qu'il avait engrangé durant leur petite épopée. Qui n'avait été qu'un subtil enchaînement de fuite, il se devait de le reconnaître.

« Haha, il est vrai que j'ai un certain talent en ce qui concerne les esquives d'ennuis, j'imagine que l'on peut parler d'expérience. Pour ce qui est des soins, mis à part un petit cataplasme en cas de plaie, je suis navré, je ne peut rien faire. Je n'ai, de toute façon, pas le matériel pour le faire. Et c'est une brûlure. Deux bonnes raisons pour ne pas me laisser vous charcuter inutilement. »


Son sourire n'avait pas quitté son visage. S'il était sincère, son regard, lui, se faisait un peu plus perçant, essayant de cerner cette étrange femme qui envoyait balader quelqu'un à un étal du marché, lui faisait respirer une fumée hallucinogène au suivant pour enfin se coller à lui, comme une enfant, une fois en en dehors.

Néanmoins, ce voile de mystère faisait aussi parti de son charme et Nathaniel appréciait ce genre de personnes. Qui ne se dévoilent que petit à petit, parfois faussement pour tromper l'ennui autant que la personne qu'ils avaient en face, qui s'amusent de l'incompréhension de leur interlocuteur mais qui, dans un élan de sincérité, peuvent se montrer les meilleurs compagnons du monde, ne serait-ce que pour quelques heures.

Et ce jeu de séduction, de chat et de la souris, était l'un des hobbies favoris du jeune homme. Restait à savoir si la jeune femme acceptait de jouer la partie, quel que soit le résultat. Amitié ou inimitié.

« Alors, monsieur, je vous ai entendu fanfaronner à propos de votre éducation de lord anglais, figurez-vous. Et comme je suis curieuse, il va falloir tout me raconter à présent. »

Les mots sortirent au milieu de petits rires singuliers, ce qui manqua de peu de vexer le jeune homme qui fit une moue dédaigneuse, autant à l'utilisation du « Monsieur » qu'à l'évocation d'un possible dévoilement de sa vie d'avant.

« C’est sans doute pour ça que vous être venu mettre votre grain de sel dans cette histoire. Aider une pauvre femme en détresse telle que moi. »

Elle ponctua sa phrase d'un ample mouvement théâtral, telle une Juliette s'abandonnant à la mort et tombant dans les bras de son Roméo, un brin trop zélé. Ce qui ne manqua pas de faire rire Nathaniel tout autant que l'actrice elle-même.

« Haha, ce doit être sûrement cela ! Ou peut-être simplement votre joli minois ? Non, il doit seulement s'agir de vos élans de voix traversant tout le marché, que je ne souhaitais que faire taire au plus tôt. »

Son petit sourire affectueux se mua en un rictus malicieux. Que ce soit aux cartes, aux dés, avec sa vie ou avec les femmes, les deux derniers allant souvent de paires, il ne pouvait s'empêcher de jouer.

Il glissa l'une de ses mains dans les cheveux encore humides de la prêtresse et, à l'instar d'elle quelques instants auparavant, prit un air dramatique, imitant, d'un jeu qu'il voulait exagérément mauvais, les martyrs.

« Mais mon grand esprit du sacrifice m'a poussé à venir vers vous, afin de sauver les écoutilles des innocents badauds du marché. Offrant négligemment ma vie et mon ouïe à vos paroles dans le seul but que personne d'autre n'ait à les subir. »

Il baissa à nouveaux les yeux vers la jeune femme, s'attendant à la voir avec une moue vexée sur le visage. Il pariait sur le fait qu'elle ait suffisamment d'humour pour ne pas oublier que sa main était blessée et qu'elle ne pouvait lui retourner la gifle de sa vie. Mais ce n'était pas certain du tout.

« Néanmoins, je suis prêt à souffrir encore en vous accompagnant vous soigner cette main. Serez-vous capable de vous soignez vous-même ou dois-je à nouveau user de mes talents pour fuir en direction de l'apothicaire le plus proche ? »

Bien sûr, il avait volontairement esquivé la question sur son histoire et son passé. Non pas qu'il s'en cachait, mais il la savait inintéressante, hormis peut-être certains passages quelques peu désagréables mais qu'il ne souhaitait pas étaler au grand jour.

HRP:
 


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